QueenySpeech

Le Viol, l’arme Ultime ?

Pour clôturer ce mois de Février plus que prolifique, parlons d’un sujet qui me tient particulièrement à cœur : Le viol durant les périodes de guerre. C’est pour dénoncer et informer notre génération sur ce drame que j’ai décidé d’en faire mon second #QueenyySpeech !

En faisant mes recherches, je me suis demandée si le viol est l’arme ultime en période de guerre. Une arme plus puissante que toutes les autres ? Suivez-moi dans cet article, pour savoir ma conclusion et vous faire la votre à la lueur des informations que je vais vous fournir.

Tout d’abord, commençons par définir ce terme : La définition du viol tourne autour de facteurs qui sont à la fois moral et matériel. Il s’agit donc d’une relation sexuelle obtenu sous la contrainte. En d’autres termes, l’acte de contraindre une personne à un acte sexuel sans qu’elle n’est donné clairement son consentement, par la force, par la ruse ou la menace. Cette définition peut changée selon les pays.

Le viol est depuis bien des siècles que ce soit dans nos sociétés occidentales que dans des sociétés orientales, un sujet tabou source de honte et de mépris. La peur du regard de l’autre et la peur du déshonneur dominent le besoin absolu de justice pour toutes les victimes. Si dans nos sociétés, la parole se libère sur ce sujet notamment grâce aux réseaux sociaux par le mouvement #MeToo. Un mouvement qui a poussé de nombreuses femmes à sortir du silence et les pouvoirs publics à mettre les bouchées doubles pour mieux protégées ces femmes. Il y a clairement, depuis quelques années des portes qui sont enfoncées dans nos pays. Cette chance là, beaucoup ne l’ont pas surtout des pays au centre de conflits armés.

En effet, dans des pays comme la République Démocratique du Congo, le Rwanda durant le génocide de 1994 ou encore la Bosnie durant la guerre de l’ex-Yougoslavie qui dura dix ans (1991-2001), le viol fut utilisé comme une arme pour terroriser la population, les pousser au repli et à l’exode.

En ce qui concerne les guerres de l’ex-Yougoslavie ce fut principalement pour des raisons ethniques que ce procédé a été utilisé. Il faut savoir que dans les années 1980, la communauté serbe perd de l’influence à Kosovo suite à l’arrivée progressive de populations non-serbes et musulmane. cela était inconcevable pour le gouvernement serbe de Belgrade qui font apparaître des questions « nationalitaires ». Voyant le Kosovo leur échappait , lui retire son autonomie et lance une politique de « serbisation » notamment grâce aux médias. Il faut comprendre les autorités de Belgrade voient en cette évolution démographique disparaître une certaine vision de la Serbie. Pour opérer cette « serbisation » du Kosovo ( 1998-1999), il y a la mise en place de camps de détentions, où, les femmes étaient enfermées pour y être violées. Violées pour tomber enceintes et donner naissance à des petits serbes. Elles étaient retenues jusqu’à qu’elles ne puissent plus accoucher. Le but était d’effacer l’identité de l’autre et de faire prévaloir la siennes.

A part dans ces camps, les viols été perpétrés lors des attaques serbes dans des villages et petites villes musulmanes de façon systématique. Effectivement, les actes été commis sur ordre d’autorité supérieur et parfois en leur présence. Le viol est ici, utilisé comme une arme ayant pour but de pousser les populations à l’exode dans une stratégie expansionniste . Une stratégie expansionniste au cœur d’une politique de « purification ethnique » menée par les forces Serbes dans laquelle le viol collectif a été intégrée. Il faut causer à la victime et sa communauté une honte et une humiliation maximale. Il s’agit clairement pour les guerres de l’ex-Yougoslavie, d’une arme psychologique servant à faire le vide autour des Serbes et éliminée la population croate musulmane.

Pour la République Démocratique du Congo, c’est sur un fond de conflits ethnico-territoriale cachant des intérêts économiques que depuis une vingtaine d’années des femmes et des enfants sont violées impunément. La guerre du Kivu décime les populations de l’est du Congo, les poussant à l’exode et à la mort. Les femmes étant au centre de la communauté congolaise, la détruire signifie détruire toute la communauté. Les rebelles et milices qui opèrent à Kivu que ce soit au Nord ou au Sud capturent des femmes de tout âge, les violent devant leurs familles ou les amènent dans la forêt où elles subissent des viols collectifs. Ces femmes pour celles qui réussissent à s’enfuir, ne peuvent plus retourner dans leur villages. Puisqu’une femme violée est considéré comme humiliée et sa famille déshonorée la rejette. Pour aider ces femmes, le docteur Denis Mukwege se bat depuis plus de vingt ans pour sauver et fonde en 1999 avec d’autres l’Hôpital de Panzi à Bukavu. Un hôpital qui depuis vingt ans vient au secours de ces femmes leur offrant un suivi médico-psychologique pour leurs permettre de poursuivre leur vie. Depuis 2011, la Cité de la Joie (fondé avec le concours du Docteur Mukwege) a Bukavu donne les clés d’une nouvelle vie à des milliers femmes pour qu’elles puissent se réinsérer dans la société après ce traumatisme.

Le docteur Mukwege, prix Sakharov 2014 et prix Nobel de la Paix 2018, ne cesse de rappeler à la communauté internationale ses obligations et de demander à l’ONU de prendre en compte le rapport du projet Mapping datant de 2010. Un rapport qui relate pas moins de 617 cas de violences qui pourraient constituer des crimes de génocide, des crimes contre l’Humanité ou encore des crimes de guerre. Ce rapport pourri dans les tiroirs de l’ONU depuis bientôt dix ans. Plus de 4 millions de déportés et 6 millions de morts pour des minerais…

Interrogeons-nous, maintenant, sur les viols commis durant la guerre d’Algérie (1954-1962). Il s’agit d’un sujet très sensible en France et en Algérie, une part de l’Histoire qui reste jusqu’aujourd’hui tabou. Est-ce que les soldats français durant la guerre ont utilisé le viol comme une arme durant les séances de tortures dans les camps de détention ? Deux choses ressortent de mes investigations sur le sujet : il y eu des viols, c’est certain et les viols n’avaient lieu dans les unités qu’ils les tolérés. Sachant que femmes algériennes par peur du regard des autres et du déshonneur n’allaient porter plainte beaucoup d’entre eux en ont profité. Le cas algérien est particulier puisque le viol est ici utilisé comme un outil de torture et un moyen pour certain soldat de se défouler. Il s’agit d’un crime de guerre militaro-morale.

A travers ces trois cas , on a pu voir l’omniprésence du viol ainsi que son utilisation à des fins militaire, politique et économique. Il est claire que le viol est l’arme ultime pour détruire une population dans son entièreté. Une destruction physique, psychologique et social. Il serait peut-être tant que la Communauté Internationale tape du point sur la table et arrête de détourner le regard puisqu’elle se rend complice des ces atrocités. Il serait temps que la France cesse de nier et reconnaisse que la Guerre d’Algérie est un crime contre l’humanité par les exactions atroces commis.

A nous, je demande la conscientisation et l’action ! Agir c’est en parler et se conscientiser c’est instruire ! Ne soyons pas crédules et éveillons nos consciences.

A bientôt,

Queenyy.

(2 commentaires)

  1. Le viol est effectivement une arme de guerre très puissante.
    Qu’il soit promis comme « récompense » aux soldats pour leur « courage », qu’il permette de briser les populations (ce qu’on fait les Japonais à Nankin est particulièrement atroce) ou de briser le tissu social et la résistance (en Syrie notamment).
    Savoir que le viol est une arme de guerre permet de réfuter ceux qui le « justifie » en parlant de « pulsions irrépressibles » ou en culpabilisant la victime « Vu comme elle était habillée, comment tu veux qu’il résiste ». Le viol n’est jamais une pulsion sexuelle, c’est une volonté de domination et d’humiliation qui trouve un terreau bien trop favorable dans une atmosphère belliqueuse.
    Merci pour cet article extrêmement bien documenté et intéressant !

    Aimé par 2 personnes

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