Be Proud

S’accomplir dans une société patriarcale

                            HEY !  La famille, on se retrouve pour un #BeProud d’exception ! On a pris le temps pour celui-là afin de vous livrer le meilleur témoignage possible ! Voici donc une analyse de l’évolution de la Femme dans sa complexité faite par une femme. Une femme qui s’est également livrée sur ses complexes et les manières dont elle a pu les surmonter.

Je vous laisse donc apprécier ce témoignage très édifiant et je l’espère inspirant !

« Que représente pour vous « être une femme au XXI°siècle » ?

C’est censée être une bonne chose, une avancée considérable, une preuve de l’évolution de l’humanité. Et malheureusement ce n’est pas vraiment le cas, c’est plutôt nuancé.

Je m’interroge beaucoup sur la vision et la place de la femme dans notre société, au XXIème siècle cela prouve tout simplement que je peux m’accomplir par moi-même, entreprendre, rêver, me remettre en question et m’exprimer ou du moins essayer et le faire comme je le souhaite. On est en train de se créer pour bon nombre d’entre nous une place dans un ordre social qui nous relayait au dernier plan, tout en bas de l’échelle, on s’impose et cette image imposante est à prendre avec des pincettes.

 On va tantôt être considéré comme « l’angry blackwoman » stéréotype raciste et misogyne parce qu’on réclame tout simplement une place décente et digne qui nous revient de droit. Tantôt comme une guerrière infaillible, engagée dans tous les combats, inarrêtable et cette image minimise beaucoup d’autres aspects de ce que nous sommes, parce qu’on est avant tout des êtres humains. On a encore à prouver notre humanité alors qu’on ne devrait pas avoir à le faire. c’est donc assez ambiguë.

Quelles sont les défis de la Femme à l’Heure actuelle ?

Pour moi, son plus gros défis c’est savoir ce qu’elle veut réellement. Ce qu’elle veut être, faire, ou ne pas faire. On prend conscience de certaines choses comme le patriarcat, on est inspiré par des courants comme le féminisme, on prend donc conscience de notre condition dans notre société. Notre défi va être de déconstruire la place et le modèle qu’on nous a prédéfini afin de choisir pour et par nous même notre position.

On va avoir le choix entre embrasser un modèle prédéfini pour notre existence ou alors agir à contre-courant, au final on ne sait plus ce que l’on veut. Notre défi au final, c’est nous même, nous accepter , nous écouter, que ce soit entre nous mais aussi face aux autres.

Avez-vous / avez-vous eu des complexes ?

J’ai eu et je pense que j’aurais toujours des complexes. Durant toute mon enfance et mon adolescence j’ai été complexée par mon physique, au départ trop grande, puis trop formé, puis trop ronde. J’ai mis énormément de temps à accepter mon corps. Finalement, ce n’est que depuis peu que je m’aime réellement, que j’ose certaines choses comme des vêtements plus prêt du corps, des couleurs plus visible etc, j’ai aussi dû faire face au complexe de toute les femmes noires dans cette société : mes cheveux. Avoir des braids / une touffe / défrisé = moqueries, c’était complexe; heureusement que l’image qu’on a de nous même évolue avec le temps et qu’on a de plus en plus de modèles qui apparaissent et nous ouvre la voix.  

Comment les avez-vous surmonter ?

Il m’a fallu du temps, au départ la perte de poids et le sport m’ont aidé à regagner confiance en moi.

J’ai arrêté de me comparer aux autres et j’ai commencé à chercher des modèles qui me ressemblait notament des femmes sportives, comme je faisais du basket voir le physique d’autres sportives m’a aidé à prendre conscience que mon corps était normal. Parce que je ne me considérais pas comme tel. 

Ensuite, il a fallu que je prenne conscience que mon corps était en train de changer et que ce changement avait tout simplement commencé plus tôt pour moi. Mais ça je n’y arrivais pas, j’avais honte, jusqu’à maintenant j’ai toujours une sorte de gêne. Mes formes m’ont complexé dès mon plus jeune âge, parce que j’ai très vite été sexualisé.

Entendre dès l’âge de 12 ans dès mots très durs venant d’hommes de tout âge, m’avait complètement détruite. Ne voulant pas être réduit à un objet sexuel qui attire tous les regards malgré moi, j’ai caché mon corps sous des couches et des longueurs de tissus, en espérant un jour être prête à l’accepter. Je lutte encore avec cette « habitude ». C’est en train de changer grâce à l’évolution de la vision du corps des femmes dans notre société. C’est mon corps, c’est à moi, c’est moi. J’en fais ce que je veux et c’est tout.

Comment avez-vous réussi à vous aimez ?

Je ne dirais pas que j’ai réussi mais plutôt que c’est en cours d’acquisition.

En dehors de l’éveil de ma conscience, il a fallu que je prenne conscience de ma beauté intérieur et extérieur.

Pour l’aspect intérieur, c’était plus simple. J’avais des substituts, l’art et la créativité; à travers un dessin ou un texte j’arrivais à m’apprecier moi-même en quelque sorte.

Pour le physique, il a fallu aller faire du shopping, changer de coupe de cheveux, essayer un rouge à lèvres en bref oser tout ce que je n’osais pas avant et réussir à me trouver jolie. Une fois que j’ai commencé à me découvrir sous un autre jour c’est venu tout seul, j’ai pris confiance en moi et ça a été.

En tant que Femme active, quels sont les défis qui sont apparus sur votre route ?

En tant que femme, je dois sans cesse prouver ma valeur, mériter ma place, affirmer ma position. Je dois toujours être au top, me donner à 200% là où un homme aurait tout simplement fait que 50% de ce que je fais pour avoir une double ovation. « On n’applaudit pas un poisson qui nage » est une expression qui raisonne dans mon esprit parce qu’elle ne s’applique pas à tout le monde de la même manière. 

Les défis sont diverses : ça va de la simple critique (en es-tu capable?), à la déstabilisation (Non mais c’est trop dure tu devrais laisser tomber).

Il m’a fallu convaincre mon entourage, puis les personnes avec lesquelles je travaille et sans le petit fond de confiance en moi, ainsi que mes amis qui me soutiennent je pense que je n’aurais jamais surmonté le défi imposé par mon ambition.  

Quels sont les conseils que vous pouvez donnez à celles qui vous lisent ?

Je dirais qu’il ne faut jamais qu’elles doutent d’elles, et surtout qu’elles fassent ce qui leur plait.

Il faut aussi qu’elles prennent soin d’elles avant tout, parce que personne d’autre ne le fera à leur place. Si elles ont une idée précise, un projet et les moyens de le mettre en place, qu’elles foncent sans se poser de questions. 

En tant que Femme « racisée », faites-vous face à des actes racistes ? Si, oui lesquels ? (Développez-en un si cela vous a terriblement marqué).

Oui, assez souvent d’ailleurs. Ce racisme est même appuyé de temps à autre par du colorisme.

Je pense que l’une des situations les plus marquantes a été durant mon enfance je devais être en primaire, à l’école un groupe de filles (non-racisés) se moquaient d’une fille (darkskin en l’occurrence). Je les interrompt et leur explique que cela ne se fait pas, c’était méchant, on ne choisit pas sa couleur donc il n’y a pas de honte à avoir par rapport à ça, qu’on est tous pareils et que si elles se moquaient d’elle, elles devaient aussi se moquer de moi parce que je suis noire aussi.

La réponse de l’une d’entre elles résonne encore dans mon esprit parce que ce n’est que des années après que j’ai pris conscience de la violence et de la portée de celle-ci : « Non mais toi tu es plutôt chocolat caramel voir marron, c’est pas pareille. Elle, elle est noire »; appuyer de la validation des autres filles du groupe. Je me souviens que je n’avais pas répondu, ne sachant que faire à l’époque. 

Par la suite, il y a eu les discriminations à l’embauche, les insultes dans la rue, le lourdeau dragueur dans la rue et son cousin fétichiste sur les réseaux sociaux. C’est un tout au final, le racisme est omniprésent, on le vit au quotidien. 

La place de la Femme dans la société française ? Et celle de la femme « racisée » au cas où vous trouvez quelle est différente ?

La femme française « classique » est mieux loti que la femme racisée. Elle sera écoutée et adulée si elle reste dans son rôle, à sa place, fervante validiste de la position de L’homme non racisé. Ce sera son bras droit, mais jamais son égal, elle n’a pas l’air d’en avoir conscience d’ailleurs ou alors elle s’en fiche alors que la racisée, ce sera littéralement la carpette de la société. 

Elle est haï de tous. Dépeint par les médias comme étant tantôt une chose avec un penchant excessif pour la victimisation par la défensive, tantôt une chose inexistante si bien qu’on peut se permettre de la laisser mourir malgré ses nombreux appels à l’aide. Elle n’a pas le droit à l’erreur. Elle est constamment sur la select. Et ce n’est pas normal, on ne veut pas entendre parler d’elle sauf quand elle rentre dans la définition à connotation post colonialiste qu’on a d’elle : objet sexuel, chose dépourvu d’émotion, propriété. C’est épuisant, je ne vais même pas parler de l’impact de son choix religieux : c’est une double peine en fonction de celui-ci.

Que signifie pour vous « Brille au féminin » ?

Briller au féminin c’est s’affirmer par sa féminité, faire de sa condition de femme une force, un atout, être un modèle une source d’inspiration mais surtout chacune d’entre nous brille à sa manière, c’est le plus important. « 

Ce sont sur ces mots que nous nous quittons ,

N’oubliez pas BE PROUD, BE YOURSELF & HAPPIEST

L’équipe Trustmag .

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