QueenySpeech

Excision, la castration féminine

Plus de 200 millions de femmes excisées dans le monde dont 60 000 vivent en France. Il y a toutes les 4 minutes une jeune femme qui est excisée dans le monde. Voici des chiffres alarmant qui exprime bien la gravité de ces actes ignobles...

On se retrouve, aujourd’hui avec votre #Queenyyspeech qui clôture le mois de Mars placé autour des femmes. Un Queenyyspeech qui traitera de l’excision, sujet si important mais pourtant tabou dans de nombreux pays. Oui, j’ai pris mon temps pour vous livrer le meilleur contenu possible étant donnée la complexité du sujet. Un acte reconnu comme violation des droits humains à la fin des années 1990 quelques temps après avoir été reconnu comme une mutilation sexuelle par l’OMS. Cela a été obtenue après de longues années d’activités de sensibilisation, des médiatisations par la sortie de livres autobiographie comme Fleur du Désert de Waris Dirie ( adapté au cinéma en 2010). Parlons de l’excision et demandons-nous en quoi est-ce de la castration féminine.

Pour vous permettre de bien comprendre le sujet, commençons par définir l’excision. L’excision ou plus largement les mutilations sexuelles regroupent selon l’OMS : « toutes les interventions aboutissant à une ablation partielle ou totale des organes génitaux externes ou tout autre lésions des organes génitaux féminins pratiquées à des fins non thérapeutiques ». Les mutilations sexuelles regroupent l’excision ( coupure du clitoris et des petites lèvres) et l’infibulation entre autre. L’infibulation représente l’excision la plus violente puisque cela consiste à couper les grandes lèvres et de les coudre en ne laissant qu’un petit orifice pour permettre l’écoulement du sang menstruel et des urines. Durant mes recherches, j’ai appris qu’elle est effectué sur des nourrissons, des fillettes et des adolescentes. L’âge compte peu !

Plus de 200 millions de femmes excisées dans le monde dont 60 000 vivent en France. Il y a toutes les 4 minutes une jeune femme qui est excisée dans le monde. Voici des chiffres alarmant qui exprime bien la gravité de ces actes ignobles commis depuis des générations. Voici les résultats de recherches qui furent âpres et douloureuses.

Vous me direz quel est le but ?… Les personnes la pratiquant mettent en avant le côté traditionnel de l’acte ainsi que son aspect identitaire. L’excision est vue comme un rite initiatique nécessaire pour permettre aux jeunes femmes de passer de l’enfance à l’âge adulte. L’une des autres raisons est le fait de « préserver » la virginité de la jeune fille. L’excision devient donc un signe de pureté obligatoire. Cet acte ignoble est donc entré dans certaines mœurs et partie intégrante de la coutume. Cela est le cas au Yémen, au Mali, en Indonésie ou encore en Egypte. Du point de vue sociétale, c’est bien la peur d’être différente de ses semblables et la peur du regard des autres qui priment sur le bien-être de la jeune fille ou de l’enfant. Il faut se conformer à une norme sociale.

Excision effectuée en Égypte

Dans l’imaginaire collectif, l’excision est assimilée à l’Afrique subsaharienne alors qu’en réalité elle est pratiquée dans le monde entier. L’Egypte, la terre où les traces de pratiques d’excision sont les plus anciennes ( depuis l’époque pharaonique) compte plus 94% d’excisées dans sa population féminine sans distinction de religion. Malgré l’interdiction, elle est pratiquée dans des cliniques privées par des professionnels de Santé pour les plus aisées ou pour les plus pauvres par des barbiers avec une lame. Il y a peu de procès en Egypte malgré les nombreux morts. Il faut comprendre que c’est un fait sociétal, ancrée dans les mœurs égyptiennes. Elle est l’une des conditions pour pouvoir se marier dans le pays. Il y a un conditionnement social. Dans l’imaginaire de la société, il est dit que le clitoris représente la part masculine de la femme qu’il faut retirer car érectible. Le fait d’être excisée « prouve » à la société que la femme est pure.

Cérémonie d’excision en Indonésie

En Asie, elle est pratiquée en Indonésie ou encore en Inde. Contrairement à l’Afrique, ici, c’est bien la population de confession musulmane qui excise parfois des les premiers de l’enfant. L’excision se fait à la ville comme à la campagne, le niveau de vie ne compte pas. On pense parfois que l’éducation des filles est un pas vers l’émancipation mais nous oublions souvent le poids des traditions. On verra donc es universitaires excisées leurs enfants pour « respecter les traditions ». On voit l’intégration de cette violence du genre qui en fait une norme sociale. La femme excisée et femme à part entière alors que les conséquences sont terribles. Les femmes excisées subissent des fausses couches, sont plus soumises aux accouchements dangereux. Elles subissent des césariennes et ont des rapports sexuels douloureux.

Halimata Fofana, écrivaine

En Europe, les débats autour du sujets se font de plus en plus nombreux rendant l’excision de plus en plus visible malgré le tabou autour de cette pratique : Campagne de sensibilisation, documentaires, reportages, débats télévisuels. Dans le reportage  » Excision : le plaisir interdit », Halimata Fofana, écrivaine excisée à l’âge de 5 ans raconte son ressenti. Elle dit  » On m’a extirpé de l’enfance pour m’emmener dans le monde adulte » et rajoute «  j’avais la taille d’une enfant, la tête d’une enfant mais dans ma tête de n’étais plus une enfant« . Cela montre, exprime le traumatisme psychologique que représente l’excision pour celles qui le subissent. C’est un évènement qui reste à jamais gravé dans leur mémoire. La poète Dahabo Ali Muss parle de « triple peine féminine » : la naissance, l’excision et la nuit de noce. La vie de la femme serait empreint d’une souffrance passive. En France, dans les années 1990 un grand procès a eu lieu mettant en cause une filière de l’excision qui sévissait dans toute l’IDF. Maître Weil-Curiel est à l’origine de ce procès retentissant. Un procès qui a montré à la France que l’excision n’était pas un sujet lointain puisque des jeunes filles se font mutiler sur son sol.

Docteur Pierre Foldès, urologue

Des choses sont tout de même mis en place pour prévenir cela, des réunions associatives, des lois. Puisqu’en effet, en France, une jeune femme victime de mutilation sexuelle peut porter plainte durant les vingt années suivant sa majorité. Le Dr Pierre Foldès, urologue, a mis sur pied une chirurgie permettant de redonner aux femmes excisées l’entièreté de leur corps. Effectivement, il pratique une chirurgie réparatrice du clitoris qui a déjà été pratiqué sur 5 000 femmes en France dont Halimata Fofana. Il s’agit un pas vers la reconstruction mais ce n’est pas la finalité de cette dernière. La reconstruction physique n’est rien sans reconstruction psychique.

L’excision est encore vue dans de nombreuses communauté comme le rité initiatique comparée parfois à la circoncision. En oubliant souvent que cette acte retire la femme une part essentielle de sa féminité, l’empêche de se construire. La femme ne peut se développer, son plaisir bridé comme s’il était honteux. Je dirais que parler de castration n’est pas assez fort pour décrire un acte qui réduit la femme à un objet. Elle est celle qui enfante, nourrit mais son plaisir, ses sentiments ne comptent pas.

L’excision tue.

Queenyy.

(1 commentaire)

  1. Contribution artistique à votre article : plasticienne engagée, j’ai réalisé des oeuvres sur le sujet des femmes et des violences. Notamment une série intitulée « Infibulation », que j’ai pu présenter à 400 lycéens français pour la Journée des Femmes 2018 et 2019. Le dialogue fut incroyable avec des élèves qui découvraient cette pratique barbare.
    Quand l’art permet de parler directement des violences et d’ouvrir le débat.

    A découvrir : https://1011-art.blogspot.fr/p/blog-page.html
    Mais aussi une oeuvre plus pudique intitulée « Noli me tangere » sur l’inviolabilité du corps de la femme : https://1011-art.blogspot.fr/p/noli-me-tangere.html

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