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Queenyspeech : Le racisme anti-blanc, un faux débat ?

En cette fin d'année, un débat s'invite dans le monde médiatique français, dans le salon des français. Un débat déclenché par la déclaration de l'ex-footballeur,champion du monde 98, Lilian Thuram. Vous me direz qu'a-t-il dit ?

En cette fin d’année, un débat s’invite dans le monde médiatique français ainsi que dans le salon des français. Un débat déclenché par la déclaration de l’ex-footballeur,champion du monde 98, Lilian Thuram. Vous me direz qu’a-t-il dit ?

Tout commence, lorsqu’il donne une interview au journal sportif italien le « Corriero dello Sport » pour discuter de ce racisme ordinaire, naturel qui pollue l’Italie depuis des années…

Une interview fait dans une Italie où les actes racistes déjà très présent s’intensifient dans le monde du Football. En 2018, Kalidou Koulibaly, défenseur de Naples reçoit des cris racistes de la part des ultra de l’Inter Milan. Plus récemment, ce fut Moïse Kean et Blaise Matuidi qui ont subi ce genre d’actes. Il y a quelques semaines ce fut le tour de Romelu Lukaku, le nouvel attaquant de la Juventus, qui a été victime de cris racistes lors d’un déplacement à Cagliari.

C’est donc dans ce contexte tendu que Thuram a été interviewé par le journal sportif italien pour faire une analyse du racisme dans le monde du foot et au-delà.

Une analyse qui l’a livré sans détours ni langue de bois, en disant : « Nous devons être conscients que le monde du football n’est pas raciste, mais qu’il existe un racisme en Italie, en France, en Europe et plus généralement dans la culture blanche. Les Blancs ont décidé qu’ils étaient supérieurs aux Noirs et qu’ils peuvent faire ce qu’ils veulent d’eux. C’est quelque chose qui se passe malheureusement depuis des siècles. Et changer une culture n’est pas facile. »

Une déclaration qui a suscité un tel émoi, une telle indignation, une levée de boucliers qu’il m’a paru logique de m’y intéresser. Une chose à attirer mon attention, « le racisme anti-blanc » ! Un terme utilisait à tout va comme caution pour dire « nous aussi, on souffre »…

Depuis les années 1980, l’Extrême droite avec pour figure de proue Jean-Marie Le Pen, puis, Marine Le Pen, nous parle de « racisme anti-français » et de « racisme anti-blanc ». Des termes utilisaient pour accroître la haine de l’autre en inversant le rapport de force, faisant des oppresseurs les opprimés et des opprimés des oppresseurs. Un stratagème mis en place pour inverser les rapports coloniaux parce que oui, il faut prendre tout cela en compte. Au cours de mes recherches, j’ai tenté de trouver une définition expliquant rationnellement ce terme source de temps de crispation. J’ai cherché en vain puisque rien ne m’a semblé concret si ce n’est ces quelques mots :

Le racisme antiblanc est un concept qui tend à désigner un racisme et/ou une intolérance spécifiquement tourné vers les blancs.L’utilisation de ce terme procèderait d’une réarticulation du sens du mot « racisme » dans lequel le racisme dirigé contre les blancs serait vu comme un phénomène distinct du racisme général, voire comme une forme de retournement du racisme

A la question : «  le racisme anti-blanc existe-t-il ? » de nombreux sociologues, personnalités publiques, journalistes et activistes anti-racistes répondent négativement. C’est d’ailleurs, le cas d’Eric Fassin, sociologue, lors de son intervention dans l’émission « Les idées claires », qui répond ceci lorsque la question lui est posée : « Le racisme anti-Blancs n’existe pas pour les sciences sociales, ça n’a pas de sens. En revanche c’est très présent dans le discours public, on en parle beaucoup : il y a un écart entre ce que racontent les disciplines scientifiques et ce dont on parle dans le débat public. Bien sûr, il peut y avoir des insultes, des agressions, mais est-ce qu’on a besoin d’appeler ça du racisme quand bien même on me dirait “sale Blanc” ? Les sciences sociales de ce point de vue sont très attentives à dire : si on commence à reprendre à son compte le discours de l’extrême-droite qui nous dit qu’au fond tous les racismes se valent, on est en train de nier la réalité de l’expérience d’une partie importante de nos concitoyens et concitoyennes. Et dire qu’au fond, traiter de “sale Blanc” ou traiter de “sale Noir” c’est la même chose, c’est faire comme si quand on dit “sale Blanc” ça résonnait avec toute une histoire, avec toute une expérience sociale ordinaire et avec tous les discours politiques. Je n’entends pas de discours politique anti-Blancs, je ne vois pas de discrimination à l’embauche ou au logement pour les Blancs, je ne vois pas de contrôle au faciès pour les Blancs. Donc les expériences sociales ne sont pas les mêmes pour tout le monde.  » Après cette citation , j’aurais pu clore le sujet et passer à autre chose mais non.

Je m’explique,dans cette France qui ne se rend pas compte du message qu’elle envoie en parlant de « racisme anti-blanc », il est important d’expliciter chaque mot afin qu’elle comprenne où elle s’est fourvoyé. Je ne dis pas que nos amis caucasiens, « Blancs » ne subissent pas de discriminations mais il ne s’agit pas de discriminations systémiques. Il ne s’agit pas d’un racisme enraciné venue des profondeurs de notre histoire : Esclavage et colonisation.

Commençons par le plus ancien : L’esclavage. Lui, qui a conditionné toute une histoire, toute une vision du monde et qui a posé les bases d’un racisme systémique. Vous me direz que l’esclavage a été aboli, que les hommes sont tous égaux et que nous sommes tous les mêmes maintenant. Eh bien, non ! Il n’en est rien. Ce rapport de domination, de maître et de soumis imprègne encore l’imaginaire collectif de nombreux français puisque même si elle a été aboli depuis des siècles, elle est le point de départ de cette vision méprisante de l’Homme noir, vu comme sauvage. Un être à qui on a retiré toute humanité, réduit au statut d’objet, de propriété. Je ne vais pas aujourd’hui, vous faire un laïus sur l’esclavage mais je pose juste quelques bases de réflexions qui permettront de comprendre pourquoi je n’admet pas l’existence du racisme « anti-blanc ». Revenons-en à l’esclavage, cet être sauvage est alors traité par les dominants, nos chers amis blancs, comme un objet. Les planteurs et consorts instaurent des règles qui régissent la vie des esclaves ainsi que le comportement à leur égard. Des règles qui malgré l’abolition de l’esclavage ont imprégné les sociétés menant à l’apartheid en Afrique du Sud ou encore la ségrégation aux Etats-Unis. En matière d’esclavage, désolé de vous dire que tout est lié. Ce lien a été déterminé et établi par le commerce triangulaire.

L’esclavage instauré à la découverte du « Nouveau Monde », cette volonté de domination menant jusqu’à la colonisation est l’expression de ce sentiment de supériorité ressenti par les occidentaux. Le fait de penser que des êtres vivant dans des terres lointaines seraient des sauvages ou des êtres incultes est le début d’une forme de racisme puisque cette manière de penser entraine des comportements dédaigneux et haineux.

En ce qui concerne, la colonisation, ce crime contre l’humanité que beaucoup refusent d’admettre. Ce monde civilisateur qui apprend aux autres « sauvages » comment bien se tenir. Ce monde qui apprend et conditionne un autre à être sa pâle copie. Dans l’histoire du racisme, la colonisation joue un rôle majeur puisqu’elle renforce et institutionnalise ce rapport de domination. Il ne s’agit plus d’une relation entre un maître et son esclave mais celle d’une nation colonisatrice face à un peuple colonisé. Un peuple à qui on a retiré une partie de son essence, faisant d’eux des citoyens de troisième zone. Des citoyens de troisième zone que l’on catégorise selon leur taux de mélanine, selon leur ressemblance à l’homme blanc. Des citoyens qui sont poussés à se haïr, à se discriminer pour entrer dans la masse acceptable et devenir un « nègre » respectable et fréquentable. Là, je vous parle de la France conté par Frantz Fanon, une France pas si lointaine. Ce sentiment d’infériorité d’un côté et de supériorité de l’autre côté s’est installé et a contaminé tous les pans de la société française. Une société qui s’est nourri et construite sur des stéréotypes raciaux qui ont renforcé l’imaginaire haineux de beaucoup. Nos chers amis politiques ont leur part de responsabilité dans ce fléau, rappelons brièvement l’épisode « du bruit et l’odeur » de notre défunt président, Jacques Chirac au début des années 1990. Ces stigmatisations gangrènent la société depuis des dizaines d’années faisant des immigrés et enfants d’immigrés les tares de cette dernière : Arrestations abusives, violences policières, contrôles au faciès, discrimination à l’embauche , inégalités judiciaires, discrimination au logement et j’en passe.

Voilà pourquoi parler de « racisme anti-blanc » est consternant. Cette volonté de vouloir renversé la vapeur, de faire passer l’oppresseur pour l’opprimé est tout simplement indécent. Cette appellation est l’affirmation de la dévalorisation de l’Histoire lourde que porte ce terme. C’est mettre sur un même piédestal un racisme tellement enraciné qu’il en est devenu systémique à quelques discriminations qui n’ont pas de réel conséquences sociales. L’historique même de ce terme l’invalide totalement. Un terme fondé pour accroître les fantasmes de l’extrême-droite, divisé la population française, accroître la méfiance auprès de celui qu’on juge différent et surtout cimente la haine de l’autre. Il n’est pas concevable que le discours public renchérisse constamment faisant de cette appellation un débat social. Les médias et consorts vont de plus en plus la part belle aux idées extrémistes, racistes et misogynes qui déchirent la France.

A notre titre, je réponds que parler de racisme anti-blanc serait nier la réalité et renverser l’Histoire par conséquent cela constitue un faux débat flagrant.

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