LUMUMBA : MARTYR HÉROÏQUE

En janvier 1961, Patrice Emery Lumumba est arrêté puis exécuté comme une bête sauvage, il devint dès lors, le martyr héroïque de l’indépendance, de celle qui, quelques mois plus tôt était encore « le Congo Belge ». Idéalisé, glorifié, starifié, Patrice Emery Lumumba a évincé tous les autres acteurs congolais de la route vers l’indépendance, occupant dans la mémoire collective et dans celle qu’on nous impose, la place de l’homme rebelle qui a fait s’effondrer tout un pouvoir colonial. En réalité, Lumumba n’était pas seul mais bien le seul à faire trembler la puissance coloniale belge .

Ici, on ne reviendra pas sur la vie de Patrice Lumumba mais plus sur son rôle politique et sur l’instrumentalisation de sa mort.

Voici le Mouvement National Congolais

 Après la Seconde Guerre Mondiale, un bouleversement des mentalités au Congo Belge et dans toute l’Afrique coloniale se fait. Il y a, par conséquent, un mouvement d’émancipation coloniale qui se fait de plus en plus pressant. Cela pousse, notamment, les Anglais à accorder l’indépendance au Ghana en 1958. Ghana qui organise la Première Conférence Panafricaine, où Kasa-Vubu, Lumumba et d’autres politiques congolais se rendent.  Une conférence qui a forgé et renforcé la volonté d’indépendance et d’émancipation des peuples colonisés comme les congolais. 

Conférence Panafricaine d’Accra, 1958

Des congolais subissant  depuis des années oppression, répression, sévices corporelles qui ont consolidé cette révolte naît de l’imposition brutale de la culture européenne et du mépris de la culture congolaise par l’administration coloniale.

En 1958, l’exposition universelle de Bruxelles donne une image plus que néfaste des congolais. Une image que Patrice Lumumba invitait à l’exposition avec d’autres « évolués » désapprouve, le poussant à s’éloigner des libéraux belges et se rapprocher des anti-colonialistes belges. Un rapprochement qui donne une impulsion plus forte à la création de son mouvement Nationale Congolais. Lumumba est clairement pour la création d’une nation unie après la proclamation de l’indépendance, ce qui tranche avec le fédéralisme prôné par l’Abako de Kasa-vubu.  En 1959, une scission s’opère au sein du MNC entre les modérés menés par Albert Kalonji et les alliés de Lumumba . Il y a dorénavant deux MNC, celui de Lumumba et celui de Kalonji.

Une année auparavant, les mouvements politiques hors de l’administration coloniale voient le jour et sont parrainés par ceux de Belgique, ce qui explique le rapprochement de Lumumba avec les mouvements anti-colonialistes.

Lumumba, indispensable

Patrice Emery Lumumba

À ce moment- là, Patrice Emery Lumumba est déjà dans le rétroviseur de l’administration coloniale tant la lumière autour de lui se fait de plus en plus grande. Il n’est d’ailleurs pas épargné lors de la répression en 1959. En effet, en Janvier 1959, ont eu lieu les émeutes de Léopoldville ( Kinshasa) dues à la répression des mouvements nationalistes comme le MNC ou L’ABAKO qui est dissoute.  En octobre de la même année, le MNC de Lumumba est la cible de l’administration coloniale puisque vu comme leader de la tendance « extrêmiste radicale » des indépendantistes. C’est pourquoi, lors du Congrès national du MNC à Stanleyville ( Kisangani), les gendarmes tirent dans la foule faisant  des centaines de blessés et 30 morts. Lumumba est donc arrêté quelques jours après. 

Cette condamnation le rend indisponible pour la Table Ronde de Bruxelles qui débute le 20 Janvier 1960. Une Table Ronde censée déterminer les grandes lignes et conditions de l’indépendance du Congo Belge. Une absence qui arrange bien le pouvoir belge qui tend à garder une certaine hégémonie sur le Congo malgré l’indépendance. Ils le savent , cette volonté n’est possible qu’en l’absence de Lumumba parce que même si Kasa-Vubu, Tshombé et les autres sont déterminés à obtenir l’indépendance aucun d’eux n’a le nationalisme dans la peau comme Lumumba. 

Table Ronde de Bruxelles du 20 Janvier au 16 Mai 1960

Les discussions entre le pouvoir belge et les différentes forces politiques du Congo-Belge débutent donc sans Lumumba emprisonné… Mais coup de théâtre, les représentants congolais refusent de continuer les discussions sans Lumumba qui est une figure phare de ce mouvement d’indépendance… Les Belges n’ont d’autre choix que d’ordonner sa libération. C’est donc le 26 Janvier que Lumumba prend part aux discussions qui se terminent le 16 Mai 1960 avec une date d’indépendance fixée au 30 Juin 1960. Le pouvoir belge sort de ces discussions décontenancé et déçu parce que croyant profiter des différences politiques des représentants congolais pour imposer leur volonté, ils ont fait face à union congolaise voulant se débarrasser au plus vite de ces instrus trop longtemps restés sur leur terre. Dans la foulée Lumumba rentre en sauveur au Congo et remporte très largement les élections générales avec son MNC , le plaçant en pôle position pour la présidence, poste qu’il refuse au profit de celui de Premier Ministre. C’est donc Joseph Kasa-Vubu qui est nommé Président de la République.

Lumumba : Les Belges plus jamais.

Lors de la cérémonie d’accession à l’indépendance, le 30 Juin 1960, Patrice Emery Lumumba prononce son discours le plus célèbre et le plus virulent à l’encontre du pouvoir belge et sa politique coloniale. Voici ces quelques mots devenus célèbres :

« Nous avons connu le travail harassant exigé en échange de salaires qui ne nous permettaient ni de manger à notre faim, ni de nous vêtir ou nous loger décemment, ni d’élever nos enfants comme des êtres chers. Nous avons connu les ironies, les insultes, les coups que nous devions subir matin, midi et soir, parce que nous étions des « nègres ». Nous avons connu les souffrances atroces des relégués pour opinions politiques ou croyances religieuses ; exilés dans leur propre patrie, leur sort était vraiment pire que la mort même. (…) Qui oubliera enfin les fusillades où périrent tant de nos frères, les cachots où furent brutalement jetés ceux qui ne voulaient plus se soumettre au régime d’injustice, d’oppression et d’exploitation. Nous qui avons souffert dans notre corps et dans notre cœur de l’oppression colonialiste, nous vous le disons tout haut: tout cela est désormais fini. »

Discours de Lumumba, le. 30 Juin 1960

Un discours qui détonne tant il n’a rien à voir avec ce qui était prévu au départ. En effet, il devait s’adresser au Roi Baudouin présent sur place en des termes plus que cordiaux et le laisser faire son discours paternaliste. Au lieu de ça, Lumumba s’est adressé aux congolais directement en des termes plus que nationalistes, ce qui contrarie le roi Baudouin et le pousse à vouloir précipiter son retour en Belgique.

Lumumba : Un pouvoir contesté

Pendant très longtemps, ce discours a été vu comme celui ayant signé son arrêt de mort, celui ayant signé son exécution or les choses sont plus complexes que cela et tout ne tient pas à ce discours. 

Il faut le reconnaître que ce discours nationaliste a eu des conséquences sur les congolais et leur relation avec les fonctionnaires belges occupants encore les postes clés comme l’armée : Des émeutes, pillages, chasses aux sorcières ont lieu. Les belges sont chassés des terres congolaises en un rien de temps ! Lumumba profite de cette cohue pour proclamer «  l’africanisation » de l’armée et fait face à une tentative de sécession du Katanga de Moïse Tshombé , soutenu par les belges souhaitant garder la mainmise sur les richesses de cette province minière. Lumumba voit cela comme une opposition aux populations congolaises et une domination à terme du capitalisme sur les africains…. 

Moïse Tshombé

La Belgique fait preuve d’un paternalisme sans nom en estimant que le gouvernement de Lumumba est incompétent et décide d’envoyer sans tarder des troupes de son armée au sein de son ancienne colonie, notamment, dans la région de Katanga où elle soutient la sécession, proclamé par Moïse Tshombé dès le 11 Juillet 1960. Une intervention rapide de la Belgique impossible sans l’autorisation de l’OTAN qui lui permet de laisser en pleine Guerre Froide son front Belge allemand a découvert…  Cette décision rend le conflit civil congolais international poussant l’URSS à prendre le parti de Lumumba et l’ONU à ordonner aux Belges de se retirer au plus vite de ces terres qui ne sont plus les siennes.  

Discours de Lumumba à l’ONU

En Août, la Belgique signe un accord avec Tshombé et reconnaît donc l’indépendance du Katanga. En réaction Lumumba y envoie des forces armées pour reprendre la région, l’ONU intervient et impose un cessez-le-feu militaire. C’est là que la décision d’éloigner Lumumba le plus loin possible du pouvoir est matérialisé au sein de la CIA par un message de son directeur général, Allen Dulles « Nous avons décidé que son éloignement est notre objectif le plus important et que, dans les circonstances actuelles, il mérite grande priorité dans notre action secrète » . Dans un contexte de Guerre Froide, le rapprochement de Lumumba avec l’URSS et sa détermination anticapitaliste l’ont rendu persona non grata au sein du bloc de l’ouest. La cible a été placée dans son dos.

Lumumba assassiné

Dans cette vindicte contre lui, Lumumba se retrouve de plus en plus isolé, les modérés se réjouissent de sa perte de contrôle qui permet à Joseph Kasa-Vubu de le révoquer lui et ses ministres nationalistes au profit de Joseph Iléo et de ministres plus modérés. Cela a été possible uniquement parce que Lumumba faisait face en plus d’une fronde politique à une fronde civile, les congolais comprenaient de moins en moins ses choix et le doute est apparu… 

Mais Lumumba répond qu’il n’en a que faire de cette révocation et révoque à son tour Kasa-Vubu grâce à la motion de maintien votée par le parlement et le conseil des ministres. 

Tout ce chambardement politique prend fin lorsque Joseph Désiré Mobutu, proche de Lumumba et militaire, fait un coup d’Etat soutenu par la CIA et le bloc de l’Ouest. Lumumba et Kasa-Vubu sont assignés à résidence mais Lumumba n’abandonne pas ! Il réunit ses alliés politiques et monte un gouvernement clandestin avec Antoine Gizenga à sa tête ! 

Lumumba arrêté en Janvier 1961

La fin est proche mais Lumumba ne le sait pas encore. Il s’échappe avec sa famille de sa résidence surveillée et tente de regagner Stanleyville. Pensant avoir réussi à échapper à ses poursuivants, il ameute la foule et se fait repérer avant d’être arrêté dans le district de Sankuru (Kasaï-Oriental) par le Major Gilbert Mpongo. Il est transféré au camp militaire de Thysville ( Mbanza-Ngungu) puis à Elisabethville ( Lubumbashi) le 17 Janvier 1961, où il est fusillé. Dans sa fuite, Lumumba a emmené des compagnons dont Maurice Mpolo et Joseph Okito qui sont arrêtés et torturés par Tshombé et ses hommes au Katanga avant d’être aussi fusillé.

Même si officiellement, ce sont les Katangais sous les ordres de Tshombé qui sont tenus responsables de la mort de Lumumba, il est clair que le pouvoir belge a sa grande part de responsabilité. Les Belges sont notamment accusés d’avoir orchestré le transfert de Lumumba au Katanga sécessionniste ainsi que son exécution et la disparition de son corps. En effet, les ressentiments vis-à-vis de Lumumba par le Roi Baudouin et le pouvoir sont flagrants puisqu’ils participent à sa déstabilisation, s’opposent à sa libération et permettent à des officiers de prendre part à son exécution.

Cette exécution propulse Patrice Emery Lumumba au rang de Martyr héroïque puisque mort pour ses convictions.

Il n’était pas le seul à vouloir l’indépendance, il n’était pas le seul à vouloir un Congo libre mais il était le seul à vouloir un Congo anticapitaliste et communiste. Ses convictions ont fait de lui en pleine Guerre Froide l’ennemi de la Belgique mais aussi l’un des ennemis du monde occidentale qui voulait éradiquer le communisme et ses alliés.

Beaucoup en parlant de Lumumba oublient de parler du contexte qui a permis son intronisation en tant que héros national. Ils oublient les apports de Kasa-vubu, Kalonji,  Tshombé et pleins d’autres pour l’obtention de l’indépendance. Sans eux tous pas d’indépendance, pas de Lumumba non plus. 

Certes leur quête de reconnaissance et de pouvoir ont permis à la Belgique d’obtenir l’exécution de Lumumba mais sans ceux tous le Congo serait peut-être encore une terre officiellement belge …

Queen Sunda Pedro .

Islamo-gauchisme, séparatisme : mythe ou réalité ?

Alors que l’islamo-gauchisme est devenu l’ennemi de la République et le séparatisme est érigé en porte-drapeau de la lutte contre le communautarisme et l’islamisme par une partie de la classe politique ainsi que par le gouvernement et les médias, nous allons nous demander, si ces concepts correspondent à des réalités françaises ou bien à des mythes trompes l’œil d’une triple crise française.

Islamo-gauchisme, origine d’un mythe ? :

Depuis quelques mois, on entend parler d’islamo-gauchisme à tout va, de rapprochement entre les partis de la gauche avec des islamistes dans tous les médias ou presque , par le gouvernement mais qu’en est-t-il réellement ? De quoi parle-t-on ?

Pierre-André Taguieff

L’islamo-gauchisme correspond un néologisme que l’on doit entre autre au politologue et historien des idées, Pierre – André Taguieff qui a participé à sa conceptualisation dans les années 2000. Un néologisme qui suppose une proximité entre des idéologies et partis de gauche avec des milieux dits « islamistes ». Un terme popularisé par l’extrême-droite utilisé par une grande partie de la classe politique et suscite la polémique dans le milieu universitaire.

En effet, lors de la polémique provoquée par Frédérique Vidal, ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, autour de l’islamo-gauchisme à l’université, les universitaires ont fustigé une atteinte à leur liberté académique et de recherche.

La réponse de la Conférence des Présidents des Universités ( CPU) ne se fait pas attendre (le 16 Février) et rappelle avec ardeur que «  l’islamo-gauchisme » n’est pas un concept mais une invention de l’extrême-droite. Elle insiste également sur le fait que « l’université n’est pas la matrice de l’extrémisme, ni un lieu où l’on confondrait émancipation et endoctrinement » et regrette la confusion « entre ce qui relève de la liberté académique , de la liberté de recherche […] de ce qui relève d’éventuelles fautes ou d’infractions ».

Ce qui rappelle que ce concept promu par l’exécutif ne correspond à aucune réalité sociologique mais bien à des idéologies extrémistes stigmatisantes.

Les causes d’un débat irréel :

Emmanuel Macron lors de l’allocution 14 Juin 2020

Ce débat autour de l’islamo-gauchisme englobant celui sur le séparatisme a éclaté suite à l’allocution du Président de la République, Emmanuel Macron, le 14 Juin 2020 intervenant 24 heures après la manifestation contre les violences policières organisée notamment par le Comité Vérité pour Adama, avec en première ligne Assa Traoré.

Rappelons qu’il y a eu, une manifestation historique le 2 Juin 2020 suite à l’assassinat de Georges Floyd par des policiers aux Etats-Unis, faisant écho aux crimes et violences commis par des policiers en France dont la mort d’Adama Traoré en 2016 en région parisienne.

Cela a donné lieu à un questionnement sur la France et son histoire coloniale , le racisme , les violences policières et une mise en lumière des antiracistes.

Le tout ayant mené à ce que le Président de la république prenne la parole à 20 heures, ce fameux Dimanche 14 Juin 2020 pour condamner « racisme de façon incontestable » avant de rappeler que « la lutte contre le racisme ne devait pas servir le communautarisme, le séparatisme, le différentialisme ».

Les mots sont clairs, le séparatisme est posé sur la table. Le communautarisme est nommé comme ennemi de la république, le rapprochement entre mouvement antiraciste et séparatisme est fait .

Les choses s’enchaînent très rapidement par la suite de la dissolution d’association comme BarakaCity à l’annonce d’un projet de loi pour conforter la laïcité et les principes de la république ( la loi sur le séparatisme).

À quoi correspond le séparatisme ?

Le séparatisme correspond à une volonté de séparation politique ou d’autonomie entre une région ou une population avec des idéaux communs , et l’État auquel elle appartient.

Un projet de loi problématique

Cette loi qui a pour but de lutter contre le séparatisme est le prétexte idéal pour pointer du doigt une énième fois la communauté musulmane en France :

Fermeture de mosquées, signature de la « charte des principes » de l’Islam, débat sur le port du voile (encore), des sorties médiatiques scandaleuses d‘Éric Zemmour entre autre, débat à l’assemblée sur le port du voile lors des sorties scolaires. L’Islam et les musulmans occupent 90% de l’espace médiatique, des sorties médiatiques des politiques alors que la France se trouve dans une triple crise sans précédente, que sa jeunesse est dans une détresse sans nom.

Mélanie Luce, présidente de l’UNEF lors d’une manifestation

De plus, des associations emblématiques de gauche comme l’Unef se retrouve dans la tourmente, accusée d’être islamiste et islamo-gauchiste, pourquoi ? Uniquement parce qu’elle a reconnu organiser des réunion en non-mixité sur les questions raciales. Ce qui n’a rien d’extraordinaire.
Une révélation qui a suscité un tel scandale qu’une partie de la gauche s’est désolidarisée de l’association en se disant être en désaccord avec cette manière d’agir.

Scandale dont le Sénat étudiant alors la loi sur le séparatisme s’est emparé pour mettre sur pied l’Amendement UNEF. Amendement voté à l’unanimité, le 1er Avril 2021, donnant la possibilité, à l’exécutif, de dissoudre une association qui organiserait ce type de réunions. Même si le texte a été très critiqué par les communistes et les écologistes, il n’a reçu aucun vote contre.

Islamo-gauchisme , maccarthysme à la française ou trompe-l’œil ?

Maccarthysme à la française :

Au regard de cette année 2020 et de cette première partie de 2021 placées sous le signe de la lutte contre un ennemi de l’intérieur correspondant à un imaginaire de l’extrême-droite, étant islamo-gauchiste, séparatiste et musulman, on peut se demander si la France ne tomberait pas dans un certain Maccarthysme.

En effet, cette loi contre le séparatisme sonne comme une chasse aux sorcières d’un ennemi invisible correspondant à des concepts fallacieux et promus par les extrêmes.

Défendre la communauté musulmane, être antiraciste , être musulman, être de gauche deviennent progressivement les caractéristiques idéales pour être dans la ligne de mire de l’exécutif, les associations se sentent épiées et la liberté de cultes est en danger tant l’exécutif veut contrôler les dogmes religieux.

L’Islam est tourné dans tous les sens devenant le synonyme du danger pour la république oubliant qu’il s’agit d’une religion.

L’islamo-gauchisme comme trompe-l’œil :

Le gouvernement penche progressivement vers un extrémisme dangereux et tombe dans un laïcisme pointant du doigt une partie de la population française comme des pestiférées leur interdisant l’accès à certaines activités, encadrant même la teneur des sermons alors que la France est un pays laïc.

Cette mise en avant du projet de lois et cette focalisation sur la communauté musulmane semble être des trompes-l’œil face à la triple crise ( sanitaire , économique et sociale) que vit la France depuis le début de la pandémie. Effectivement, le gouvernement a beaucoup de mal à se sortir de cette crise sanitaire depuis plus d’un an, fait face à une crise économique sans précédent en France ainsi qu’à des français sous tension. Le débat autour de l’islamo-gauchisme sonne comme une bouffée d’air dans cette atmosphère asphyxiante.

L’autre élément non négligeable est l’agenda politique : les élections présidentielles sont dans moins d’une année. Comme depuis plus de vingt ans, à l’approche des élections présidentielles l’exécutif met l’accent sur le volet sécuritaire, ressort le débat sur la compatibilité entre l’Islam et la république, pointe du doigt les musulmans de France.

Cette fois-ci, c’est bien par le biais de l’islamo-gauchisme et le débat sur le séparatisme que tout cela est fait.

L’islamo-gauchisme ne correspondant à aucune réalité scientifique sonne comme une invention de l’extrême-droite que l’exécutif a embrassé pour servir ses intérêts au détriment des français. En ce qui concerne la séparatisme, malgré son existence conceptuel, il ne correspond à aucune réalité en France et semble être le prétexte choisi par l’exécutif pour avoir la main mise sur les mouvements antiracistes, la gauche et la communauté musulmane en France au nom du respect du pacte républicain.

Queen SUNDA PEDRO .

Féminicides : Bourreaux & quête de reconnaissance

En 2019 , le nombre de femmes tuées par leur conjoint ou ex-conjoint se sont accrues dépassant le triste bilan de 2018, étant de 108 femmes. Atteignant le triste record de 152 femmes, tuées par leur conjoint ou ex-conjoint. À l’heure où j’écris ces mots, nous sommes à 93 femmes tuées par leur conjoint ou ex-conjoint, depuis le 1er Janvier 2020. Pour qualifier ce type d’homicide, le terme de « féminicide » est de plus en plus employé. Un terme qui n’est pas encore reconnu par la loi française… Les associations de lutte contre les violences faites aux femmes se multiplient et on en parle enfin ! Nous nous y sommes intéressées, tout d’abord, parce que la cadence de ces fémicides se sont accélérées comme si, 2019 était un TGV de la violence qu’on ne peut arrêter… Puis, c’est aussi le double discours de nos institutions face à ces femmes en détresse qui nous a laissé perplexe et enfin, c’est bien l’engouement médiatique autour de sujet qui a attiré notre attention. Avant d’évoquer les problématiques entourant la féminicide, il est important de comprendre que signifie le terme « féminicide » et ce qu’il englobe.

Dans un premier temps, il s’agirait d’un terme utilisé au XIXeme siècle qui a été popularisé dans les années 1980. Un feminicide désigne donc le meurtre d’une femme en raison de sa condition de femme, généralement pour désigner ce genre de crime, nous parlons d’homicide. Ce terme générique désigne le meurtre d’une personne humaine.

En 1992, Diana Russell, Sociologue et féministe, définie le féminicide comme un meurtre de femme parce qu’elle est une femme (« politics of Killing woman« ). En d’autres termes, cela découlerait d’une haine viscérale des femmes qui mènerait au meurtre. Ensuite, il faut prendre en compte la société profondément masculine voire misogyne dans laquelle nous vivons, où les violences contre les femmes sont ancrées, répandues et banalisées depuis le moyen-âge.

Dans nos sociétés faites autour de l’homme, pour l’homme, les violences masculines contre les femmes sont nombreuses et banalisées. Cette banalisation est visible dans de nombreux pays du monde comme la Chine, où avant l’abandon de la politique de l’enfant unique, les bébés filles étaient tuées. On peut également prendre en exemple d’autres pays comme la Cisjordanie où le crime d’honneur est très répandu.

Pour terminer cette définition, il faut dire qu’en France , tous les deux jours une femme meurt sous les coups de son conjoint, une proportion qui peu à peu s’amenuise… Ces crimes sont reconnus comme crimes passionnels par l’Etat ou encore comme « drames familiaux ». Leur caractère particulier semble être plongé dans une masse difforme …

Le bourreau et ses tourments

Après des recherches approfondies sur le comportement de ses hommes, nous avons compris que cela est plus complexe que ce que nous pensions… Cela nous a permis de mettre en exergue deux causes majeures : une agressivité masculine dont la gérance serait complexe et les différentes formes de jalousie.

En ce qui concerne la première cause permet d’identifier plusieurs types de bourreaux. Tout d’abord, l’agressif qui cherche à faire souffrir l’autre à tout prix alors que le violent se désintéresse complètement de l’autre. Puis, nous avons l’impulsif et le compulsif qui sont diamétralement opposés ! En effet, l’impulsif agit dans un moment de colère alors que le compulsif agit selon l’instinct et à conscience de son acte morbide. Ensuite, il y a le psychopathe qui constitue une catégorie puisqu’il suit ses besoins sans penser à l’autre. En d’autres termes, il laisse son imaginaire prendre le pas sur le réel et se laisse submerger par tout cela jusqu’à commettre l’irréparable. Pour le psychanalyste américain, René Spitz, le psychopathe a un manque d’affection immense provenant de son enfance. Il est donc plus enclin à reproduire une violence subit dans son enfance. Dans ce raisonnement, on peut dire que l’individu agit en reproduction d’une situation lui paraissant normale puisque l’ayant acquis comme tel. Enfin, il y a le sadique et psychotique qui s’oppose. Le sadique agit ainsi parce que cela crée en lui une certaine excitation. Il a la volonté de jouir pleinement du pouvoir qu’il exerce sur l’autre. Quant au psychotique, lui, suit un raisonnement basé sur des pensées délirantes ou encore des hallucinations.

Pour la seconde cause, Willy Pasini , psychiatre et sexologue italien , identifie sept types de jalousie criminelle qui peuvent conduire au féminicide : l’honneur, l’orgueil, la rage, la possessivité, la rivalité, la solitude et la réactivation de l’Oedipe.

Dans un premier temps, la solitude, la possessivité et la réactivation du complexe d’Oedipe mettent en exergue deux causes à ces excès de jalousie : l’abandon et le besoin de posséder l’autre. Le sentiment d’abandon se trouver exacerbé dans la solitude et résulte d’une séparation douloureuse. Cette incompréhension qui rend le fait que la femme tant aimé puisse refaire sa vie ou vivre sans l’individu impossible mais surtout inconcevable. Il se retrouve donc dans une peine inconsolable qui peut le pousser à commettre l’irréparable. Le besoin de posséder l’autre se démontre par la possessivité et la réactivation du complexe d’Oedipe. En effet, le besoin de posséder l’autre et de ne jamais laisser quelqu’un d’autre l’approcher est un des excès dont résulte la possessivité. Lorsque l’individu sent l’autre lui échapper ou bien s’il pense qu’elle peut s’en aller à tout moment, séduire quelqu’un d’autre, il peut perdre tout contrôle et commettre un féminicide. Dans le cadre de la réactivation du complexe d’Oedipe , qui est le sursaut d’un souvenir douloureux d’enfance rappelant un sentiment d’abandon parentale qui survient lorsque l’on croise ou on aperçoit l’être tant aimée avec un autre, le besoin de posséder l’autre est visible et se transcrit dans le refus de la laisser refaire sa vie tandis que lui est seul. Il peut dans ce mélange de sentiment, totalement partir en roue libre et dans un excès de colère lié à une jalousie excessive, la tuer.

Dans un second temps, l’orgueil, la rage , l’honneur et la rivalité sont explicités par une cause majeure , le sentiment d’humiliation. Se sentir humilier, se sentir rabaisser, perdre l’amour d’un être cher , être quitté pour un autre, être trompé tout ceci peuvent nourrir un sentiment d’humiliation qui conduit à une réaction par sursaut d’orgueil , par rage, pour sauver son honneur ou pour essuyer un affront et tous mènent à un féminicide. Pour l’honneur, c’est le fait de ne pas supporter une tromperie, de réagir de manière disproportionnée et violente au fait d’être quitté ou à une humiliation publique. En ce qui concerne l’orgueil, il s’agit souvent de féminicides commis pour punir des femmes qui se refuseraient à l’individu, des refus perçus ncomme une défiance face au rôle de l’homme et à sa supposé domination sociale. Dans le cas de la rivalité , la femme est un trophée, une récompense , elle est déshumanisée, elle est le trophée d’une guerre que se livre deux hommes . Par conséquent, celui qui perd, peut commettre un féminicide pour empêcher à celui qui a gagné de jouir de « son trophée ». Quant à la rage , c’est une réaction instinctive résultant d’un choc insurmontable et par conséquent, il peut être le résultat d’une humiliation sans nom …

Tout ceci ne justifie en rien que tous les deux jours en France, une femme meurt sous les coups de son conjoint ou de son ex-conjoint. Cela permet juste de mieux appréhender les comportements que peuvent avoir ces bourreaux .

Le Féminicide et sa quête de reconnaissance

Le féminicide existait bien avant sa définition en 1992 par Diane Russell puisque depuis des siècles, les femmes sont tuées en raison de leur sexe. Malheureusement, les exemples ne manquent pas, de l’assassinat des sœurs Mirabal dans les années 1960 aux disparitions des femmes de Ciudad Juarèz en 1993, toutes avaient pour unique point commun le fait d’être des femmes.
Toutes ces affaires de plus en plus graves et médiatisées poussent l’ONU à adopter un texte sur les violences contre les femmes et à prendre comme Journée Internationale de la lutte contre les violences faites aux femmes, le 25 Novembre, jour de la mort tragique des sœurs Mirabal .
En 1994, la convention de Belèm Do Para a lieu au Brésil et a pour sujet « l’élimination de la violence contre les femmes ». Trente-trois États signent la convention mais rien ne change de manière significatif.
Les années 2000 et 2010 marquent un tournant dans la lutte contre les violences faites aux femmes et pour la reconnaissance des féminicides comme tels. En effet en 2010, l’ONU des femmes voit le jour et à peine deux ans plus tard, le féminicide est reconnu comme « un concept-outil permettant de sensibiliser l’opinion publique internationale et par la même occasion, permettre une prise de conscience collective ».
En France, c’est en 2014 que le terme est reconnu par la Commission générale de terminologie et de néologie mais pas par la justice…

En 2019, plus précisément du 8 Juillet au 3 Septembre 2019, le gouvernement français a ouvert le Grenelle des violences conjugales pour y faire émerger les solutions et moyens pour lutter efficacement contre les féminicides en France. Le 25 Novembre 2019, Edouard Philippe alors Premier Ministre, a dévoilé en ce jour symbolique , les propositions retenues lors du Grenelle. Forcée de constater la déception des associations, notamment, sur le budget qu’elles jugent insuffisant. En effet, les associations comme #Noustoutes, réclamaient que le gouvernement consacre un milliard d’euros pour lutter efficacement contre les violences faites aux femmes en France. Or l’Etat n’a débloqué que 360 millions d’euros à cette lutte.

2019, l’année de la médiatisation massive, de la conscientisation et de la lutte contre les féminicides…. Voilà comment les médias parlent de l’an passé mais dans les faits c’est un peu plus complexe. Puisque même si la mobilisation a été important, en témoigne la Marche contre les violences faites aux femmes du 23 Novembre 2019, il faut constater que plus de 150 femmes sont mortes sous les coups de leur conjoint ou leur ex-conjoint. L’action gouvernement reste insuffisante et la formation des forces de l’ordre à ce genre de situation également. Le rapport du Grenelle, un an après, rendu public par la Fondation des femmes en est la preuve.

En effet, la Fondation des femmes est claire, le bilan du Grenelle des violences conjugales est mitigé . Seules les mesures les moins coûteuses et demandant le moins d’effort ont été mises en place, soit 30 % des mesures, celles demandant un travail et du financement conséquent ont été mis de côté pour l’instant. Cela pose problème puisqu’en période de crise sanitaire et de confinement, le manque d’hébergements spécialisés semblable à la Maison des femmes de Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis, se fait sentir et de nombreuses femmes n’ont pas accès à une aide suffisante.
Cette pandémie, a également mis en exergue un angle mort du Grenelle, les familles et enfants des victimes qui n’ont pas été pris en compte lors des débats.

Du côté du gouvernement, il nuance ce rapport et met en avant les points positives et les avancées qui ont eu lieu en 2020.
Effectivement, selon Isabelle Rome, coordinatrice de la lutte contre les violences conjugales au sein du ministère de la justice, il y a une « baisse sensible des homicides malgré la hausse des violences conjugales » . Elle met en avant le fait que les dispositifs mis en place pour lutter contre les violences faites aux femmes comme la plateforme « arretonslesviolences.gouv.fr » ou encore le téléphone grave danger, ont été plus utilisés. En d’autres termes, les signalements de violences conjugales se sont accrues de 15% pour la plateforme et plus de 1 200 téléphones ont été distribués.
En ce qui concerne le grenelle, Isabelle Rome précise qu« un certain nombre de mesures issues du Grenelle […] sont toutes en train d’être mises en place »

En 2020, 93 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint mais il faut nuancer cette baisse qui peut être l’arbre qui cache la forêt. En effet, cette année de pandémie mondiale où le confinement était la norme de nombreuses femmes ont été enfermés avec leur bourreau sans pouvoir agir ou fuir . L’augmentation des signalements devrait d’une part inquiéter puisque cela peut être le signe que les violences conjugales ce sont accrues durant les confinements mais d’autre part, être le signe d’une parole qui se libère. Les victimes sont plus promptes à demander de l’aide et cela est bien le reflet d’une démocratisation de la lutte contre les violentes faites aux femmes.

Queen.

L’article 24 : Celle qui a allumé la mèche …

La loi #SecuriteGlobale est une loi concernant la sécurité globale du territoire et de ceux censés protégés les français mais les articles 21, 22 & 24 posent problème ….

L’article qui a déclenché la colère des journalistes et les mises en garde de la Défenseure des droits, c’est bien l’article 24. 

L’article 24

Extrait de loi : Article 24 de la proposition de loi : « Est puni d’un an d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende le fait de diffuser, par quelque moyen que ce soit et quel qu’en soit le support, dans le but qu’il soit porté atteinte à son intégrité physique ou psychique, l’image du visage ou tout autre élément d’identification d’un fonctionnaire de la police nationale ou d’un militaire de la gendarmerie nationale lorsqu’il agit dans le cadre d’une opération de police. »

Vous avez bien lu , filmer un agent de police ou un gendarme peut être condamné à un an de prison, si la vidéo est jugée nuisible, préjudiciable… 

Or les vidéos concernant les forces de l’ordre, sont souvent accablantes et les mettent peu à leur avantage. Cela fait écho à toutes les vidéos dénonçant les violences policières, essentielles puisque sans elles, il n’y aurait pas de preuves. 

Par conséquent, cela laisse une certaine liberté aux policiers qui pourront mettre en garde à vue, poursuivre des personnes parce qu’ils pensent que les images captées peuvent leur nuire. Cela pose un problème, celui de la liberté d’information des français qui peuvent se sentir museler et ne plus filmer aucun agent de police ou gendarme par peur de représailles. 

La Défenseure des droits, Claire hédon, a publié un communiqué de Presse sur la proposition de loi « Sécurité Globale » , le 5 Novembre dernier. Communiqué de Presse où elle exprime ses inquiétudes sur l’ensemble de la loi notamment l’article 24. Elle craint que la liberté de la presse et le droit d’informer ne soient entravés par cette loi et a donc rappelé : « l’importance du caractère public de l’action des forces de sécurité et considère que l’information du public et la publication d’images relatives aux interventions de police sont légitimes et nécessaires au fonctionnement démocratique, comme à l’exercice de ses propres missions de contrôle du comportement des forces de sécurité ». 

En d’autres termes, elle craint que la population se retrouve muselée et ne puisse exercer son droit de contrôle sur les forces de l’ordre, ce qui est normalement le cas en démocratie. 

Il ne faut jamais oublier qu’en France, le peuple est souverain, ce qui veut dire que la police travaille pour protéger le peuple et non pour le museler . 

Dès que les journalistes ont eu connaissance de la proposition de loi, ils sont directement montés aux créneaux pour la dénoncer .

La gronde des journalistes

Ils craignent que la police se serve de cette loi pour les museler et entraver leur droit d’informer et leurs libertés en tant que journalistes : par des gardes à vues ou des tabassages comme on peut le voir depuis quelques temps lors de manifestations. 

En effet, les incidents entre les journalistes et les forces de l’ordre en manifestations ne manquent pas . Des journalistes comme Taha Bouhafs sont souvent la cible de certains forces de l’ordre pour leur captation d’images lors de manifestations, rarement à l’avantage de ces derniers.

Pour mener la lutte, une mobilisation a pris forme autour de cette contestation contre cet article et la loi en générale . Une première manifestation a eu lieu le 17 Novembre, devant l’Assemblée nationale. Une manifestation très suivie durant laquelle sept journalistes ont été violentés et empêchés d’exercer pleinement leur métier. D’ailleurs Hannah Nelson, photojournaliste, a été placée en garde à vue avant d’être relâchée avec un rappel à l’ordre quelques heures plus tard

Des journaux tels que Médiapart ou Libération ont dénoncé le caractère liberticide de cet article et de la loi dans son ensemble. 

Suite à la tournure que prenait cette mobilisation, le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, a reçu le 23 Novembre , une délégation de la coordination contre la loi sécurité globale . La rencontre n’a pas été concluante et la délégation a quitté le bureau du ministre de l’Intérieur moins d’une heure après y être entrée. Elle explique que le ministre de l’Intérieur a refusé de répondre à leurs questions et a préféré détourner le sujet. La délégation a donc appelé à manifester, ce samedi 28 Novembre, dans toute la France et refuse catégoriquement de rétablir le dialogue face à tant de mépris.

Le ministère de l’Intérieur a donc choisi comme interlocuteur Reporters Sans Frontières (RSF). Sauf qu’entre l’ONG et une partie des journalistes la fracture est nette. En effet, de nombreux journalistes  de terrains leur reproche de ne pas avoir réagi lorsqu’ils ont été maltraités par les forces de l’ordre. Ce choix ne passe pas . 

      Le ministre de l’Intérieur affirme que la loi ne viendra en rien gêner le travail des journalistes et respectera la liberté de la presse . 

Il est effectivement précisé dans l’article 24, ceci : « L’article 35 quinquies de la loi du 28 juillet 1881 sur la liberté de la presse ne font pas obstacle à la communication, aux autorités administratives et judiciaires compétentes, dans le cadre des procédures qu’elles diligentent, d’images et éléments d’identification d’un fonctionnaire de la police nationale ou d’un militaire de la gendarmerie nationale ».

Cette affirmation nie la réalité de faits et des manifestations en France. La liberté de la presse est bien en danger avec cette loi vu le comportement des forces de l’ordre envers les journalistes. Les incidents à Place de la République, ce 23 Novembre dont l’agression du journaliste Rémy Buisine par les Forces de l’ordre viennent confirmer la dangerosité d’une telle loi pour les citoyens et les journalistes.

L’exécutif nie, refuse de voir l’évidence :  il y a un problème avec l’institution policière.  Au contraire, il accable la population, tente de protéger la police mais ne fait que renforcer le corporatisme et ne lutte pas contre le mal qui ronge la police, le racisme. 

Cette fin de semaine a été riche en rebondissements entre le Premier ministre qui annonce la mise en place d’une commission pour réécrire le texte, une enquête de Loopsider sur une énième violence policière et un  ministre de l’Intérieur qui affirme devant des millions de français dans le JT de France 2 que Rémy Buisine a refusé de répondre aux questions de l’IGPN, ce que le journaliste a réfuté sur Twitter quelques minutes     après. Ce fut, une fin de semaine riche en émotions et cela est loin d’être finie .. 

Cette loi cristallise les tensions d’une société fracturée qui a peur pour ses libertés et qui n’a plus confiance en ceux qui nous dirigent et en ceux qui nous « protègent » .

Queen .