Freeze Corleone, la polémique inévitable

Qui est Freeze Corleone ?

Freeze Corleone

Freeze Corleone, rappeur et producteur de 28 ans originaire des Lilas qui fait polémique depuis quelques semaines maintenant.

Membre et fondateur du collectif 667 qui compte dans ses rangs les rappeurs Afro S & Kaki Santana. Freeze est celui qui a le plus de visibilité même si sa carrière a été semé d’embûches.

Celui qu’on surnomme Chen Zen est toujours resté discret sur sa vie et évite au maximum les médias ce qui ne l’empêche d’avoir un public qui grandit de jour en jour. D’être très connu et respecté dans le milieu du rap français.

Un artiste complexe, stratège et qui ne laisse pas indifférent lorsqu’on l’écoute .

Il a sorti, il y a quelques semaines, son album LMF qui fait polémique. En effet, on accuse l’artiste d’antisémitisme sur son dernier album… Une accusation de notre cher ministre de l’intérieur et la Licra … Étonnant n’est-ce pas ?

Que lui reproche-t-on ?

L’artiste est accusé d’antisémitisme, d’apologie d’Hitler et du IIIe Reich , de complotisme par La Licra soutenue par notre cher Ministre de l’Intérieur , Gerald Darmanin, son prédécesseur Christophe Castaner et une part non négligeable de la classe politique .

Tweets du Ministre de l’Intérieur et de la Licra ayant déclenché la polémique

Freeze Corleone , celui qui ne laisse jamais indifférent tant ses chansons et ses clips peuvent susciter de vives émotions est le coupable idéal.

Depuis près de trois semaines, soit depuis la sortie de son dernier projet LMF «  La menace fantôme », la machine s’emballe contre Freeze Corleone et les mésaventures ne manquent pas : lâché par Universal , morceaux supprimés par YouTube, ouverture d’enquête judiciaire…

L’analyse de Queenyy

À Trustmag, on a fait le choix d’écouter le projet pour avoir notre propre avis sur la question dont le très polémique « Freeze Raël ». La conclusion de notre écoute d’une heure et cinq minutes ? Freeze est certes bordeline avec des tendance complotiste mais il n’est pas l’homme exécrable que nous a dépeint la Licra ou encore la classe politique …

Une question de pose alors : Pourquoi la Licra a fait de Freeze sa cible ? Pourquoi l’a-t-on cloué au pilori sans même écouter son album ? Sans même avoir enquêter sur l’artiste ?

Il est rappeur , noir , secret et surtout a un univers très très particulier que seuls des initiés peuvent comprendre et décrypter correctement. Il est plus simple de croire à l’antisémitisme d’un rappeur noir à l’univers complexe et très secret que de tenter de comprendre ce qu’il tente de dire ou de dénoncer …

Image tirée du clip « Baton Rouge » de l’artiste Freeze Corleone

En effet , en France , on dissocie l’artiste de son œuvre lorsqu’il est blanc de préférence et qu’il ne remet pas en cause les privilèges blancs et consorts. Dans l’album de Freeze Corleone de nombreuses références à la communauté noire peuvent porter à confusion mais la Licra a fait le choix de relever que celles qui touchent à la communauté juive de France .

Il nous est rappelé depuis notre enfance l’histoire complexe entre la France et la communauté Juive. La France a cette volonté de vouloir se racheter constamment pour avoir contribué à la Shoah. Le traitement médiatique et politique de chaque affaire touchant à la communauté juive est le reflet de cette culpabilité qui ne disparaîtra jamais. Ce traitement médiatique tranche avec celui dédié aux autres communautés qui ont toutes pourtant une histoire controversée avec la France …

En France , toujours le même problème « deux poids , deux mesures » … La liberté d’expression est encore une fois bafouée par les élites et les associations de pseudos de lutte contre le Racisme comme La Licra ou encore SOS Racisme . Effectivement, elle n’est appliquée que lorsque cela arrange les êtres bien pensants de la république. Elle n’est appliquée que lorsqu’elle heurte les « minorités visibles », l’Islam , le christianisme ou toute autre religion sauf le judaïsme.

En exemple ? Les unes outrancières de Charlie Hebdo qui bafoue sans vergogne toutes les sensibilités. Mais les rappeurs pourtant également artistes devraient prendre des pincettes , rester dans les clous, dans le politiquement correcte pour ne pas heurter nos chers amis blancs ? Les élites politique ?

Cette polémique rappelle par bien des faits celle de Nick Conrad, il y a quelques temps qui a vu son morceau « Pendez Les blancs » susciter des réactions de toute la classe politique et médiatique allant jusqu’à l’ouverture d’une enquête…

Un artiste issu d’une « minorité visible » a plus de chance d’être poursuivi pour son œuvre qu’un réalisateur pédophile qui est nominé plus de 12 fois aux Césars…

Nous sommes dans cette France là.

Queenyy ,

L’équipe Trustmag.

Le cyberharcèlement, fer de lance de la négrophobie : Le cas de Khodia Cissé

Depuis quelques semaines, Khodia Cissé, militante antiraciste subit un harcèlement sur les réseaux sociaux particulièrement twitter. 

La cause ? 

La diffusion d’une vidéo dans laquelle une jeune femme maghrébine tient des propos négrophobes. 

Pour mieux comprendre la situation dont Khodia Cissé est victime, il faut remonter à la source de son harcèlement. 

Tout d’abord, qui est Khodia Cissé ?

Photo de Khodia Cissé ( issue de son instagram)

Khodia Cissé est une militante antiraciste, féministe qui se bat contre les violences policières. Elle est très présente sur les réseaux sociaux, notamment sur twitter, où elle dénonce la négrophobie très présente au sein des communauté racisées. 

 Subissant du cyberharcèlement et après avoir pris conscience du fléau que cela représentait, particulièrement pour les femmes, elle a décidé de créer un compte pour lutter contre le cyberharcèlement. Le but de ce compte est de signaler en masse les propos problématiques, misogynes et sexistes que de nombreuses femmes subissent.  

Dès lors, son cyberharcèlement a pris beaucoup plus d’ampleur. 

Son action sur Twitter s’axe sur la dénonciation des comportements, propos négrophobes, misogynes et sexistes d’individus ou de groupes d’individus, notamment, celui du “FC Drapeaux”.

Qui sont ces twittos que les utilisateurs de Twitter ont surnommé le « FC Drapeau » ?

Bassem Braïki

 Il s’agit, d’une communauté de Twittos abonnés et adhérents à la pensée misogyne, sexiste, homophobe et négrophobe de Bassem Braïki, un snapchatteur controversé originaire de la région lyonnaise. 

Une communauté qui attaque avec ferveur chaque personne qui tente de remettre en cause leurs idéaux ainsi que les personnes maghrébines qui sont en relation avec des personnes noires. Elle rejette la mixité. 

Khodia Cissé, nous a confié lors de notre échange, être agressée par cette communauté depuis un moment et les récents événements, n’ont rien arrangé . 

La semaine où tout a basculé 

                 Tout d’abord, la semaine du 6 juillet, elle publie la vidéo d’une jeune femme maghrébine qui se revendique négrophobe. Dans son tweet, Khodia Cissé, dénonce ce comportement mais cela n’a pas plu à tout le monde…  

Puis, le Samedi 11 juillet, vers 13h30, elle reçoit un appel anonyme d’une personne tentant de l’intimider . Elle reçoit dans la journée, plusieurs appels du même type. Ensuite, en début de soirée vers 18h-19h, elle commence à recevoir des messages à caractère sexuel, des personnes lui envoyer des photos de leur sexe. 

Khodia Cissé était dans l’incompréhension jusqu’à ce qu’elle  se rende compte que la milice de Bassem avait dévoilé sur les réseaux sociaux son numéro de téléphone, des photos d’elle  ainsi que son ancien adresse. Le “FC drapeau” a fait de même sur des sites en tout genre comme « Le bon coin » avec des fausses annonces. 

Son téléphone n’arrêtait pas de sonner. 

De plus, elle a reçu un message d’un homme qui lui dit avoir frappé chez elle sans succès. Heureusement qu’il s’agissait d’une ancienne adresse…  

Elle nous a confié, qu’au-delà de leur négrophobie; » il s’agit d’une attaque personnelle », ils n’hésitent pas à la mettre en danger. 

Le lendemain de ces appels, elle s’est rendu au poste de police pour porter plainte. Les policiers l’ont renvoyé vers une institution gérant les plaintes pour cyberharcèlement puisque ne maîtrisant pas totalement les réseaux sociaux tels que Twitter.

Elle est déterminée à engager des poursuites à l’encontre de ses personnes, elle vient d’ailleurs de mettre en place une cagnotte pour les frais de justice. 

Analyse : 

       Deux choses se dégagent de ce sujet : la négrophobie présente dans la communauté maghrébine ainsi que la cible constante que constitue les femmes noires. 

Pour le premier point, cette affaire exprime ce que de nombreuses personnes noires subissent au quotidien : une sorte de négrophobie ordinaire, culturelle transmise de génération en génération. Une négrophobie découlant d’une histoire complexe de domination entre noirs et arabes qui se matérialise aujourd’hui par des préjugés. Des préjugés que de nombreuses figures controversées de la communauté maghrébine telles que Bassem Braïki exacerbe  à travers des vidéos Youtube, des stories Instagram et plus encore. Leur cible favorite ? Les femmes maghrébines qui ne correspondent pas à leurs idéaux archaïques et qui de surcroît seraient en couple avec des hommes noirs. Elles sont insultées de toute part et subissent un réel harcèlement. 

En ce qui concerne les femmes noires, elles sont comme à chaque fois acculées lorsqu’elles osent dénoncer, pointer du doigt ce qui ne va pas. Comme à chaque fois les pires stratagèmes sont mis en place pour les déstabiliser, leur faire perdre pied et surtout les pousser à l’abandon. Il est intéressant de voir l’énergie que les négrophobes mettent pour discréditer une femme noire, faire de sa vie un enfer juste parce qu’elle dénonce des agissements abominables. Le but est simple pousser la masse à détourner le regard, à se concentrer sur l’instant et non sur l’origine des choses. Twitter est le réseau social où ce mécanisme est le plus visible et palpable. Un réseau social où chaque soir, il y un nouveau “scandale”, un nouvel “accusé”, une nouvelle “victime”.

 Certains parlent du “Tribunal Twitter”, nous préférons parler d’exacerbation de la réalité. Selon notre analyse, Twitter n’est que le reflet 2.0 de notre société avec ses excès .

L’équipe Trustmag.

De la Révolte à l’indépendance : De la conscientisation politique à l’inévitable indépendance

Aujourd’hui, cela fait soixante ans que la République Démocratique du Congo est indépendante. Soixante ans qu’elle connaît épidémie, dictature, trahison, corruption et prospérité de façade. Les hommes au pouvoir de Kasa-Vubu à Tshisekedi, l’ont été pour des raisons très différents mais peu d’entre eux y étaient pour le peuple et la nation. Il y a soixante ans, des hommes se sont battus pour cette indépendance et ont contraint le colon belge à la précipiter. Dans quelles conditions l’indépendance a été obtenu ? Quels processus ont été engagé ? Comment sommes-nous arrivés à cette indépendance ? Voici l’histoire d’une indépendance.

Le temps de la conscientisation politique :

Dans les annés 1950, les moins de 18 ans représentaient la moitié de la population au Congo Belge et le taux d’urbanisation était important. Les congolais émigraient vers des villes prospères de la colonie comme Stanleyville (Kisangani), Léopoldville (Kinshasa) ou encore Elisabethville ( Lumumbashi) et ont été nombreux à s’ouvrir au monde et ses idéaux libertaires.

En effet, l’après Seconde Guerre Mondiale sonne le bouleversement des mentalités au Congo Belge et dans toute l’Afrique coloniale. Il y a, par conséquent, un mouvement d’émancipation coloniale qui se fait de plus en plus pressant. Cela pousse, notamment, les Anglais à accorder l’indépendance au Ghana en 1958.

Sentant cette volonté naissante et grandissante d’indépendance, Antoine Van Bilsen (militant et professeur d’université) écrit et publie en 1955, le « Plan de trente ans pour l’émancipation politique de l’Afrique Belge » qui place l’émancipation du Congo Belge en 1985. En réponse le Cardinal Malula dans son manifeste fait avec son groupe de « Conscience Africaine », se dit favorable à cette indépendance en 1985. Ce qui provoque la colère de l’Abako qui par l’intermédiaire de Kasa-Vubu publie un contre-manifeste qui est totalement opposé à toutes les idées exposées par Van Bilsen et exige une indépendance immédiate sans concession.

Au sein du Congo Belge, les mouvements politiques émergent et des groupes voient le jour dont :

L’ABAKO mené par Joseph Kasa-Vubu, l’alliance des bakongos souhaitant une indépendance immédiate.

Patrice Emery Lumumba

Le Mouvement Nationale Congolais mené par Patrice Lumumba, héros du peuple congolais ayant une grande popularité, tant il prône le nationalisme poussé à son paroxysme. Il est clairement pour la création d’une nation unie après la proclamation de l’indépendance ce qui tranche avec le fédéralisme prôner par l’Abako. En 1959, un scission s’opère au sein du MNC entre les modérés menés par Albert Kalonji et les alliés de Lumumba . Il y a dorénavant deux MNC, celui de Lumumba et celui de Kalonji.

La Conakat mené par Moïse Tshombe, la Confédération des Associations Tribales du Katanga prône une vision très régionale et ethnique des choses. Ils sont très hostiles aux Lubas venant du Kasaï pour travailler dans les mines.

Ils sont officiellement autorisés en 1956 et doivent être parrainés par des partis politiques belges. L’année suivante, ont lieu des élections communales auxquelles les partis congolais peuvent participer. C’est un succès pour eux, de nombreux maires congolais sont élus dont Kasa-Vubu à Dendale, commune de Léopoldville. Au Katanga, la victoires aux élections communales, est pour les Lubas du Kasaï ce qui contrarie les membres du Conakat qui restent fidèles à leur ligne de conduite et sont favorables à un rapprochement avec les colons belges. Dans le nord du Katanga, les Lubas présent historiquement dans la région, membre du mouvement de Balukbakat sont eux proche de Lumumba mais malheureusement, ils ont peu de poids dans la région.

Conférence Panafricaine d’Accra, 1958

En 1958, suite à son indépendance le Ghana organise à Accra la Première Conférence Panafricaine, Kasa-Vubu et d’autres politiques congolais y sont. De cette conférence se dégage, quelques idées majeures tels que, le renforcement de la volonté d’indépendance et le renforcement de l’idée d’émancipation des peuples. Après cette conférence, il y a une prise de conscience du mépris des blancs sur leur sol . Ainsi qu’une remise en cause de l’ordre établi , de l’administration coloniale et de ses prérogatives très strictes : privilège des populations dénoncées, les conditions de travail décriés vu la discipline mise en place par l’administration coloniale ( sévices corporelles, grand effort de travail). La source de la révolte se trouve là: l’imposition brutale de la culture européenne et le mépris de la culture congolaise.

En décembre de la même année, lors de son premier meeting politique à Léopoldville, Patrice Lumumba dit « Le peuple congolais à droit à son indépendance ». Les congolais réclament ce qui leur est dû.

1959 : L’année de la révolte sociale et civique

En 1959, le Congo Belge rentre dans une autre phase de la contestation du pouvoir coloniale, une phase plus violente.

Le 4 Janvier débute les émeutes de Léopoldville qui sont le reflet d’une colère grandissante. L’origine ? L’interdiction d’un meeting de l’Abako de retour de la conférence panafricaine d’Accra. Mwissa Camus, journaliste reporter congolais, rapporte ceci :  » Au retour des leaders congolais d’Accra, la population a réclamé qu’ils viennent raconter ce qu’ils avaient vécu là-bas […] Mais ça, l’autorité coloniale ne le voyait pas d’un bon oeil. Elle a refusé la tenue du meeting« . Le problème de cette interdiction est qu’elle est intervient très tardivement et beaucoup de militants sont déjà dans la salle à Léopoldville et s’impatientent. Kasa-Vubu vient leur parler après de nombreuses minutes d’attente et dit : » Le meeting n’aura pas lieu parce qu’il a été interdit« , avant d’ajouter dans la cohue : »Je vous demande d’avoir foi en l’indépendance. Gardez votre calme. Vive l’indépendance!« . Les appels au calme de Kasa-Vubu reste lettres mortes et la foule sort de la salle en scandant :  » KASA-VUBU, ROI ! »

Entendant des coups de feu et voyant des victimes au sol, la foule explose, c’est l’escalade : pillage, tabassage et incendie. Tout ce qui représente la domination blanche est brûlée, détruite et attaquée. Les émeutiers scandent : « INDEPENDANCE ! DIPANDA ! ». S’ensuit une grande répression du pouvoir coloniale belge, officiellement 50 morts et plus de 200 blessés. En réalité, le nombre de morts est estimé entre 250 et 500 morts. Il a fallu près de trois jours pour contenir la gronde qui s’étend à d’autres villes.

En conséquence, des leaders de l’Abako sont arrêtés alors qu’ils ne sont en rien impliqués, la situation entre congolais et belges se tend. Le 13 Janvier, le Roi Baudouin intervient dans une allocution pour calmer les esprits :  » Notre ferme résolution est aujourd’hui de conduire, sans atermoiements funestes mais sans précipitation inconsidérée, les populations congolaises à l’indépendance dans la prospérité et la paix« . Les partis politiques congolais prennent cette affirmation comme une promesse et attendent l’action du Roi.

Dans le même temps, la désobéissance civile mise en place par Lumumba et Jean Van Vierde ( militant pacifiste belge) qu’avait adopté aussi l’Abako et de nombreux congolais commence à peser sur l’administration coloniale. Il y a, le boycott des cérémonies officielles coloniales, des tribunaux, de l’administration et un refus systématique de payer les impôts.

Les émeutes de Léopoldville ont mis en exergue le besoin de préparer une lente mais sûre indépendance du Congo par l’administration coloniale qui tente par tous les moyens de conserver ses intérêts économiques sur place. Des ambitions qui risques d’être contré par la grande influence de Lumumba et son MNC ancré à gauche. L’idée de l’écarter commence à émerger.

1960 : Independance cha cha To zui ye !

Après l’échec de la rencontre entre le front commun auquel appartenait l’Abako et le MNC au début de l’année, le ministre en charge de la colonie August de Shrijver opte pour la mise ne place d’une table ronde, idée que le roi Baudouin approuve. C’est ainsi que le 20 Janvier 1960 débuta la « Conférence de la Table Ronde Belgo-Congolaise » qui se termina un mois plus tard.

Table Ronde de Bruxelles, 1960

Il y a, à la Table Ronde , la présence de tous les principales figures politiques majeures congolaises, seul Lumumba manquait alors emprisonné par l’administration coloniale. Ce n’est qu’après l’insistance des principaux partis politiques( Abako, Conakat, MNC) que Lumumba fut libéré et autorisé à participer à la Table Ronde. Il arrive en Belgique, à Bruxelles, le 25 Janvier. Ce n’est qu’après son arrivée que les pourparlers prennent tout leur sens. Le front commun,malgré, des divergences réussissent à imposer la date du 30 Juin pour l’indépendance effective. Kasa-Vubu réaffirme le fait que l’Etat belge n’a pas à s’occuper des organisations politiques du Congo indépendant.

A la fin de la conférence, la popularité de Lumumba est montée en flèche et celle de Kasa-Vubu aussi. Le front commun obtient entre autre : l’indépendance au 30 Juin 1960, l’organisation structurelle de l’Etat avec la séparation des pouvoirs, les principes fondamentaux de la loi congolaise.

Après la conférence et quelques semaines avant les premières élections legislatives, des émeutes ethniques et politiques ont lieu, notamment , au Katanga où la volonté de faire sécession grandit de plus en plus.

Aux élections législatives de mai 1960, ce sont les mouvements nationalistes qui l’emporte, Lumumba en-tête. N’en déplaise aux colons belges, Lumumba est la figure politique indispensable de cette indépendance qui devient après la nomination par les deux chambres parlementaires de Joseph Kasa-Vubu comme Président, le tout premier Premier ministre du Congo.

30 Juin 1960 : Jour d’indépendance

L’indépendance se déroule bien le 30 Juin 1960 avec la présence du roi Baudouin. Une cérémonie d’indépendance qui ressemble plus à une mise sous tutelle qu’à une réelle prise d’autonomie.

L’histoire post coloniale de la République Démocratique du Congo, montre que l’indépendance n’est pour l’instance que partiel 60 ans après, tant les puissances étrangères y sont très présent. Ce pays n’a connu que cinq présidents dont un dictateur et un assoiffé de pouvoir, aucuns d’eux tous n’a su jusqu’à présent le mettre à la place qui est la sienne.

Alors la République Démocratique du Congo est-elle réellement indépendante ? A vous d’y répondre.

Queenyy.

De la Révolte à l’indépendance : #1 Quand le Congo est devenu belge.

L’Histoire entre le Congo (RDC) et la Belgique reste jusqu’à ce jour un sujet sensible qui peine à se décanter, comme ailleurs, le colonisateur a du mal à reconnaître ses crimes. Il est dans le déni au point de voir dans la colonisation quelque chose de positif. C’est pourquoi, nous avons décidé de vous la conter. Le mois d’indépendance de la République démocratique du Congo (RDC) semble le meilleur moment pour vous raconter l’histoire d’une colonie pas comme les autres. Une colonie par obligation appartenant à un seul homme qui a dû céder cette chère terre à son pays. Cet homme Léopold II de Belgique, fut l’un des plus grands tyrans que la RDC est connue.

De l’Etat indépendant du Congo au Congo Belge

Image1: Extrait des travaux du Congo reform Association contre Léopold II . Image 2 ; Photos de congolais mutilés publiés par le Congo Reform Association. Image 3 : Edmund Dene Morel

Entre 1885 et 1908, la RDC alors nommée « L’Etat Indépendant du Congo »(EIC) était la propriété privée de Léopold II de Belgique, roi des Belges. Un homme qui a tout fait pour avoir des colonies et ne pouvait se résoudre de mourir sans en posséder une. Pour acquérir cette dernière, il invoqua la libération des mains des Arabes présents dans la zone alors qu’il s’agissait juste de l’assouvissement d’une quête de richesse et de grandeur. Il mit en place le travail forcé à outrance pour exploiter la moindre richesse du territoire congolais. Il fut sans pitié envers les congolais soumis à cette exploitation forcée : mutilations et tortures rimèrent leur quotidien.

Dans les années 1900, la contestation se faisait de plus en plus forte sur le continent. Une campagne internationale menée par Edmund Dene Morel (écrivain et homme politique britannique) et la Congo Reform Association ( association « défenseur » des droits des travailleurs indigènes de l’EIC fondé en 1904) a montré au monde entier l’atrocité des traitements des congolais causé par la politique de Léopold II de Belgique. Cette campagne anima les débats des cercles bruxellois « huppés ». Par la suite, Léopold II se retrouva contraint de céder l’EIC à Belgique, suite à la publication de photos exposant les exactions commis à l’EIC. Il transféra son autorité à la Chambre des députés en 1908. L’EIC devint donc le Congo Belge.

La même année, la charte coloniale est ratifié , notamment, l’Article 2 autour de la question du travail forcé qui est tout simplement interdit. A la mort de Léopold II , c’est Albert Ier qui lui succède en tant que roi des Belges. La Belgique s’attela donc à s’éloigner le plus possible du Congo de Léopold II tout en gardant son organisation administratif. Le ministère des colonies fut mis en place pour gérer le Congo Belge, il fut confié à Jules Renkin.

L’organisation d’une colonie

L ‘administration

Au sein du territoire congolais, il y avait trois puissances majeures : l’administration coloniale, les missionnaires catholiques pour l’éducation et les grandes entreprises venues exploitées les richesses du Congo. Le pouvoir administratif se concentrait à Boma ( capitale du Congo belge jusqu’en 1929 où Léopoldville lui succède) dans la province du Bas-Congo devenue Kongo-Central en 2015. Un gouverneur général secondé de deux vice-gouverneurs ( Katanga, province Orientale)gérait la colonie. La Force publique était assurée par la police coloniale et l’armée territoriale. Bien évidemment, le parlement belge avait tout pouvoir sur la colonie

L’Urbanisation coloniale

La construction du visage urbain de la colonie est divisée en deux : les villes européennes et les cités indigènes. Elles sont séparées par un cordon sanitaire de 500 mètres environs, du moins sur le papier. Dans les grandes villes comme Elisabethville (Lubumbashi) les noirs sont refoulés dans les banlieues. C’est donc bien une construction ségrégationniste qui est adopté avec centre-ville blanc. Ce schéma a été imaginé par René Schoentjes dans Schéma pour une ville congolaise en 1933.

Schéma pour une ville congolaise de l’architecte René Schoentjes, 1933

En effet, dans les années 1920 et les années 1930, les quartiers noirs sont rasés et les populations sont renvoyés dans les zones reculées des villes au profit d’un centre urbain blanc. La ville d’Elisabethville est l’exemple parfait de cette volonté coloniale d’affirmer sa domination par l’espace urbain. Dans cette dernière, les noirs sont envoyés dans la commune de Kamalondo. Un couvre-feu pour les populations noires est imposé entre 21h et 4h du matin. Par conséquent, les travailleurs noirs devaient une fois le journée de travail à rallonge terminée, rentrer immédiatement chez eux. Des hommes et de femmes qui constituaient la main-d’œuvre de l’administration coloniale , du domestique (Boy) au mineur en passant par l’artisan.

La construction de ces villes se faisait par le concours d’entreprises coloniales comme l’UMAHK ( Union Minière du Haut Katanga). Elles deviennent la priorité de l’administration coloniale après la Seconde guerre mondiale dans un soucis de redoré le blason du pouvoir mis à mal durant la guerre. C’est donc l’Office des Cités africaines qui a pris le relai (OCA).

Exploitation ? Non, travail à pas forcé !

Congolais exploités dans les plantations d’hévéas. Images 2 & 3 : Mines du Katanga .

Pour faire oublier l’atrocité du travail forcé sous l’ère léopoldienne, la culture du caoutchouc est remplacée par la culture du coton, de l’huile de palme et la culture des hévéas, composite du caoutchouc. Cette arrêt du travail forcé n’était que de surface puisque de nombreux congolais sont contraint de travailler dans les plantations et mines pour une bouchée de pain ( 10 à 15 francs par mois).. Des travailleurs venus de colonies voisines(Angola & Rhodésie du nord) complétaient la main d’œuvre déjà sur place. Les travailleurs mouraient principalement de pneumonie, grippe, d’épuisement ou encore d’éboulements. Le nombre de morts était de plus en plus nombreux et cela causa une grande crise.

Cette crise poussa l’administration coloniale à imposer des restriction de recrutement et en 1933, décret limitant travail forcé dans les plantations à 60 jours est publié. Le Krach boursier de 1929 ( le fameux jeudi noir de Wall Street) est aussi l’une des raison de la publication de ce décret. Il eut également pour conséquence la baisse des exportation qui influèrent sur la diminution progressif du besoin de main d’œuvre dans les mines et les plantations.

Deux Guerres mondiales, victoires amers

Les deux guerres mondiales ont été des coups durs pour la Belgique. Même si elle a toujours fini par être du côté des vainqueurs, elle a aussi toujours subi l’occupation allemande sur son sol.

Congo : le dernier bastion belge

Dès la première année de la Première guerre mondiale, la Belgique est occupée par les forces allemandes, le gouvernement réduit se repli en France d’où elle tente de maintenir le contrôle sur le Congo Belge. Le ministère des colonies est tout simplement fermé ainsi que celui des Affaires étrangères et celui de l’Intérieur par les allemands.

Image 1 : La Force Publique congolaise . Images 2 & 3 : Congolais durant la Première Guerre Mondiale.

Au sein de la colonie, le gouverneur général Félix Fuchs tente d’appliquer les directives du gouvernement replié. Le 30 Juillet 1914 , un télégramme est envoyé à Fuchs de la part de Renkin :  » Prenez toutes les mesures nécessaires pour sauvegarder la neutralité de la Belgique, assurez la surveillance de l’embouchure du Congo« . Le 6 Août, le feu vert est donné aux forces navales pour qu’elles prêtent mains fortes aux forces britanniques et françaises. Le 15 Août de la même année, le Congo Belge entame une campagne militaire contre les forces allemandes au Ruanda-Urundi. Les campagnes militaires se poursuivit comme celle de Rhodésie du Nord au côté des forces britanniques ou encore celle au Cameroun au côté des forces françaises.

Cette guerre fut complexe pour la colonie belge qui perdit énormément que ce soit en terme d’hommes que de matériels de guerre. Le Congo belge a payé un lourd tribu durant cette guerre.

Une lourde perte que l’historiographie belge n’a pas pensé juste de retranscrit complètement. Par conséquent, les informations disponibles sur le sujet sont disparates que ce soit en Europe ou en RDC. La Fin de cette guerre sonne la défaite allemande et l’acquisition de la Belgique du Ruanda-Urundi ( Rwanda et Burundi) qui est sous mandat belge jusqu’en 1962.

Un Bis Repetita

La Seconde Guerre Mondiale sonne pour la Belgique comme un bis repetita, elle est occupée dès 1940. Leopold III, roi des Belges fut fait prisonnier, il perdit donc tout pouvoir sur la Belgique et le Congo.

Congolais durant la Seconde Guerre Mondiale

Pendant ce temps-là, au Congo belge, Pierre Ryckmans, alors gouverneur général, décide avec les officiers d’Afrique de continuer la lutte mais cela n’est pas possible sans une coordination avec le pouvoir britannique. C’est pourquoi, Albert de Vleeschauwer ( ministre des colonies) se rend à Londres pour s’entretenir avec Winston Churchill. Il en profite pour entrer en contact avec ce qui restait du gouvernement belge qui s’est encore une fois réfugié en France. Ce gouvernement se limitait à deux personnes : le Premier ministre, Hubert Pierlot et le ministre des Affaires étrangères, Paul-Henri Spaak. Ils avaient la main mise sur le Congo Belge.

La colonie dû encore une fois s’atteler dans un effort de guerre qui décima sa population. L’une des campagnes fut celle en Abyssinie contre l’Italie. L’effort de guerre se sentit également dans le travail forcé dans les plantations d’hévéas nécessaire pour fournir le caoutchouc aux Alliés. Cette guerre fut l’expression extrême de la manipulation belge sur la population congolaise. Une population qui a légitimé la campagne d’Abyssinie comme un acte de défense. Une légitimité difficilement applicable aux campagnes menées en Egypte, Birmanie et au Japon.

Cette guerre a eu des conséquences que l’administration coloniale n’avait pas imaginé. La contestation commençait à se sentir dans la population congolaise qui d’année en année rêvait d’indépendance.

Les prémices d’une révolte : La perte de prestige

Revue mensuelle congolaise (1945-1959). Rédacteur en chef : Antoine-Roger Bolamba sous le patronage de Jean-Marie Domont

La Seconde guerre mondiale a sonné le glas du prestige belge au Congo. En effet, les défaites et occupations des deux guerres ont fini par ouvrir les yeux des congolais sur leur colonisateur. Les révoltes sont de plus en plus fréquent comme en 1941 à Elisabethville ou encore 1944 à Masisi avec l’insurrection des Kumu. Un peuple qui veut tout simplement l’indépendance du Congo face au colonisateur belge. Les évènements se sont très vite enchaînés, les grèves à Matadi du 24 et 25 Novembres ont donné le  » la » d’une révolte qui obligea le pouvoir belge à se pencher sur une éventuelle indépendance.

L’élite congolais et les « les évolués » ( ont intériorisé les codes de la société européenne par l’éducation ou tout simplement par assimilation ) sont à l’origine, tout d’abord, de la publication d’un manifeste à Luluabourg ( Kananga). A travers ce manifeste, ils revendiquèrent la reconnaissance de droits spécifiques aux évolués. Ensuite, l’année qui suivit deux journaux furent créés : La Voix du Congolais et La Croix du Congo. Des journaux qui ont eu une place majeure dans la propagation des idées de l’élite congolaise.

Dans la même période, la Belgique signe à la fin de la guerre la charte de l’ONU sur l’autodétermination des peuples mais refuse comme d’autres puissances coloniales de lâcher ses colonies. La raison est simple, elles sont la source d’énormément de richesses que la Belgique ne peut pas laisser filer ainsi.

Joseph Kasa-Vubu, homme politique congolais.

Les mouvements contestataires se font de plus en plus nombreux et sont plus ou mois violent. En 1946, Joseph Kasa-Vubu fondateur de l’ABAKO quelques années plus tard, prononce l’un de ses discours les plus célèbres intitulé « Le droit du premier occupant ». Toutes ces actions poussa l’administration coloniale a autorisé aux « évolués » de Léopoldville de s’organiser en confédération  » générale des syndicats indigènes ».

L’administration coloniale vacille mais ne tombe pas encore. Elle vacille tellement qu’en 1955, Jef Van Bilsen publie le Plan de Trente ans pour l’émancipation politique de l’Afrique Belge qui privilégie l’émancipation progressive de la colonie belge. Le but de la manœuvre est de créer une élite congolaise « pouvant remplacer les cadres belges ». Vous vous doutez bien que cela n’a pas plu que ce soit aux « évolués » qu’à l’élite belge.

Les années 1950 sonnèrent la fin de la colonie belge par l’émergence de mouvements nationalistes de plus en plus déterminé …

A bientôt.

Queenyy.