I am Businesswoman

En ce mois de Mars fêtant les droits des femmes, nous avons choisi à la rédaction de Trustmag de vous proposer un Focus pleins d’entrain. Un focus autour de l’entreprenariat. Un focus vous permettant de comprendre les difficultés que vous pourriez rencontrer si vous souhaitez entreprendre. Un focus qui vous permet de découvrir une jeune femme qui a tout simplement sauter le pas ! Elle a été confronté à des dilemmes de grands importances qu’elle a su dépassé. Voici donc pour ce Focus du Mois de Mars, une jeune femme dynamique, pétillante, déterminée et réfléchie : Rebecca Mawete, co-fondatrice de BC Cosmectics et blogueuse.

Voici donc un entretien réalisé, il y a quelques semaines :

Trustmag : Bonjour ! Présentez-vous à nos lecteurs

Rebecca Mawete : Bonjour, je me présente. Je m’appelle Rebecca Mawete, j’ai 23 ans. Actuellement, je suis conseillère de vente dans une enseigne de beauté et à côté de ça j’entreprends : Je suis blogueuse et j’ai ma propre entreprise.

Trustmag : Du coup, comment vous est venue l’idée de te lancer ? Pourquoi l’entreprenariat ?

RM : Alors, c’est une longue histoire qui a commencé en 2014. C’était à l’église lors d’une prédication du Prophète Domingos (fondateur de la Canci) qui avait pour thème : « Possédons le pays « . Prédications dans laquelle, il nous disait que nous les jeunes de France, nous devions entreprendre, nous développer etc… Que nous, les jeunes nous ne devions pas rester en arrière ou nous sous-estimer. Il fallait que ne faisions des choses…
Suite à cette prédication, moi j’ai beaucoup réfléchi et je me suis demandée qu’est-ce que je pouvais faire. Et à cette époque-là, j’aimais bien écrire donc j’ai commencé par créer un blog. Dans ce blog, je rencontrais un peu comme vous des entrepreneurs, des gens que j’interviewais pour savoir comment ils ont débuté. Moi, je me focalisais que sur l’entreprenariat parce que cela m’intéressais beaucoup. Du coup, j’ai pu faire des entrevues avec plusieurs personnes.

En 2015, j’ai fait la connaissance d’une entreprise américaine pour laquelle j’ai été ambassadrice par la suite. Le but était de représenter leur marque de beauté en France et en plus de cela de les vendre. C’était des produits de soins du visage et à côté de ça, il y avait également des produits minceurs (gélules, milkshakes…). J’ai travaillé avec eux pendant près d’un an mais par la suite leur système de revenu leur système de travail ne me convenait plus. Voulant avoir mon Entreprise, cela ne me convenait plus. J’ai pu acquérir de l’expérience, entrer dans le monde de l’entreprenariat, savoir qu’est-ce qu’entreprendre.

Après cela, je me suis dit que j’allais créer mon propre truc à moi dans la beauté. J’ai commencé par chercher des fournisseurs et je suis tombée sur une jeune qui habite au Canada et qui est makeup artist. Elle était à la recherche de collaborateurs dans le monde entier à qui elle enverrait des produits Mac afin qu’ils les revendent. Du coup, au début j’ai accepté mais ce que je n’avais pas aimé c’est qu’elle avait pris beaucoup de temps à m’envoyer les produits. Ce qui fait que les clientes ont eu leurs commandes en retard. C’est comme ça que j’ai eu l’idée de fonder BC Cosmestics. J’ai commencé à chercher d’autres fournisseurs puisque je ne voulais plus travailler avec elle. Pour tout dire, au départ, j’ai commencé par la vente en détail et non en gros. Je vendais plusieurs produits mais je me suis ensuite focalisée sur les rouges à lèvres. C’est comme ça que BC Cosmestics s’est fait connaitre puisque je vendais des rouges de bonne qualité à des prix très abordable. Ensuite, j’ai vu que la vente en détail ne me plaisais plus et que je préférais travailler avec les entreprises. C’est comme ça que j’ai commencé la vente en gros et par la suite, j’ai fait de l’accompagnement suite aux nombreuses demandes que j’ai eu. J’étais le lien entre le client et le fournisseur.

Trustmag : Du coup, pourquoi avoir appelé votre entreprise BC Cosmestics ?

RM : A la base, je voulais l’appeler Becca Cosmestics mais le problème est qu’il y a déjà une marque qui s’appelle Becca Cosmectics. Du coup, c’est devenue BC Cosmestics

Trustmag : En gros, le concept de BC Cosmestic a évolué au fil des mois, des années mais pensez-vous que votre but de départ est le même que celui d’aujourd’hui ?

RM : Pas du tout; ce que j’ai commencé et ce que BC Cosmestics est aujourd’hui, c’est pas du tout la même chose. Et c’est là où j’ai appris qu’une vision, elle grandit. On va dire qu’un enfant commence à zéro an et il grandit jusqu’à quatre-vingt ans, cent ans et c’est la même chose pour une vision, pour un projet. Peut-être qu’au départ tu commences quelque chose et au fur et à mesure que tu travailles ton idée elle évolue, elle change. Au départ, je faisais du porte à porte, de la vente en détail et ça a évolué à être plus de l’accompagnement de l’aide à l’entreprenariat.

Trustmag : A ce que j’ai vu, vous êtes deux à avoir fondé BC cosmestics, qui est le co-fondateur ?

RM : Alors BC cosmestics, je l’ai créé toute seule mais je l’ai co-fondé avec mon grand frère. C’est lui aujourd’hui qui s’occupe principalement de toute l’entreprise, moi je m’occupe d’une partie.

Trustmag : Quelles sont été les meilleurs produits que BC Cosmestics a proposé ?

RM : Euh… Les rouges à lèvres (ral) et les fonds de teint. C’étaient les produits qui se vendaient le plus.

Trustmag : Donc vous avez fait des collaborations, pouvez-vous nous en dire plus ?

RM : Alors, ma première collaboration, c’était avec une jeune fille de Suisse : Makeup Beauty Bar. Elle, c’est moi qui l’ai contacté parce que j’ai vu qu’elle commençait un business et je me suis dit qu’elle aurait peut-être besoin de moi. Donc après on s’est vu et on a commencé à travailler ensemble. Ma deuxième collab, c’est une collab de Paris : Ebony & Ivory. Ma troisième collab, c’était en Côte d’Ivoire. C’était une jeune femme avec qui j’ai travaillé, il s’agit de ma plus grande collaboration puisque c’était ma plus grosse cliente. Elle a un business en Côte d’Ivoire.

Trustmag : Qu’est-ce que vous en retirez de ces collaborations ?

RM : J’en ai retiré que lorsqu’on fait des collaborations, que l’on travaille avec des gens, il est important d’être rigoureux, carré et de surtout garder de bonnes relations. En fait, il faut être soi-même mais toujours rester professionnel.

Trustmag : On a vu que BC Cosmestics est devenue JKB Business Corp. A quel moment avez-vous parlé du changement et pourquoi ce changement.

RM : Alors , ça fait très longtemps que ça a fait changé et ça fait trop longtemps qu’il y avait de nombreux choses dont je ne m’occupais plus. En fait, on a décidé du changement, en voyant comment les choses évoluées parce que moi la vision que j’avais ne fonctionnais plus en 2019. En 2019, on ne peut plus faire de la revente de maquillage. Ce qui fonctionne, c’est créer sa propre marque, tout le monde veut créer sa propre marque. Du coup, revendre des produits c’était devenue un peu too much en fait. Cela ne permettait pas d’évoluer donc on a préféré à grandir la chose. C’est-à-dire d’y intégrer du consulting et de permettre aussi à certains clients s’ils le souhaitent de pouvoir bénéficier de produits. Le but maintenant est d’aider les gens à débuter une entreprise dans n’importe quel secteur et suivre leur évolution.

Trustmag : Maintenant, nous allons nous concentrer sur l’entreprenariat : les conseils et les astuces. Si quelqu’un venez vous voir pour vous demander comment fait-elle pour se lancer ?

RM : D’abord, comment faire pour se lancer ? Il faut savoir qui tu es et savoir ce que tu veux. En sachant qui tu es, tu vas savoir ce que tu es capable de faire ou non, ce que tu as entre les mains et ce que tu n’as pas. Qu’est-ce que tu veux ? Qu’est-ce que tu veux faire ? Entreprendre quoi ? Oui, créer sa propre marque mais pourquoi ? Quelles sont tes motivations ? Pour entreprendre, il faut savoir pourquoi tu entreprends. On n’entreprends pas dans le vie parce que si tu entreprends pour suivre le mood au bout d’un moment tu vas caler. Alors que lorsque tu as une motivation, tu sais pourquoi tu veux entreprendre, tu continueras malgré les coups bas. Le pourquoi, est la première question à se poser. Il faut s’approcher de personnes sachant des choses que tu ne sais pas faire mais dont tu as besoin. Voilà pourquoi aujourd’hui, il y a des formations, des séances de consulting, de coaching. Tout ça, ce sont des investissement que tu vas faire pour pouvoir t’aider dans tes lacunes.

Trustmag : Comment vous avez débuté ?

RM : Moi, pour dire la vérité, c’est là que j’ai fait une erreur. Je suis passée directement à l’action dès que j’ai eu l’idée. En fait, j’avais ce besoin de me prouver à moi-même que je pouvais créer quelque chose. Je voulais savoir ce qu’était l’entreprenariat. C’est pour ça que maintenant les choses ont changé puisqu’au départ, je n’avais pas une très grande vision. En travaillant, j’ai redéfini ma vision.

Trustmag : Quelles ont été vos plus grandes difficultés ? Le moment où vous vous êtes dit : ai-je fait le bon choix ? Comment avez-vous fait pour tenir le cap ?

RM : Moi, la plus grosse difficulté que j’ai eu c’est au moment où BC Cosmestics ne produisait plus rien. Au moment où je n’avais pas de client pendant des mois, j’avais des refus partout, les gens n’étaient plus trop intéressés par ce que je faisais. C’est à ce moment-là, je me suis posée la question : est-ce que ce que je suis en train de faire c’est le bon truc ? Euh… C’est très difficile parce que c’est ta vie que tu remets en question. J’ai tenu parce que je savais pourquoi je faisais ça, pourquoi j’avais entrepris, pourquoi j’avais fondé BC Cosmestics.

Trustmag : Maintenant donnez- nous cinq conseils que vous donneriez à ceux qui débutent.

RM : Tout d’abord, je les invite à s’inscrire à nos séances de consulting (rires). Mais si je peux donner cinq conseils : Premièrement, savoir ce que tu veux faire, pourquoi tu veux le faire, comment tu veux le faire, à quel moment tu vas le faire et le faire. Deuxièmement, ne pas avoir peur et aussi se dire que ce n’est pas parce que l’idée est déjà sur le marché que c’est impossible de la faire. Il y aura toujours une audience, de la clientèle.

Trustmag : Ne pensez-vous pas que notre génération qui entreprend le fait parce que c’est la mode, c’est le move.

RM : Moi, je ne suis pas contre ce mouvement-là parce que ça permet aux gens de se développer, de faire quelque chose. Mais d’un côté c’est mauvais pour eux parce que s’ils savent qu’ils entreprennent pour entreprendre, ils perdent du temps. Au temps aller à l’école, finir ses études, obtenir un CDI et faire sa vie. L’entreprenariat n’est pas un mouvement, l’entreprenariat n’est un jeu, l’entreprenariat est une vie. C’est tous les jours. Si tu fais quelque chose par mouvement tu finiras mal et tu stagneras.

Trustmag : En deux ans d’entreprenariat, qu’avez-vous retenu finalement ?

RM : J’ai retenu que l’entreprenariat demande des sacrifices. Aujourd’hui, le fait que j’ai laissé mon entreprise dans les mains de mon grand frère, c’est un sacrifice. C’est un sacrifice parce que j’avais un truc, un potentiel que je n’arrivais à faire éclore et cette vision là fallait qu’elle bouge, qu’elle éclate. La seule manière pour qu’elle éclate c’était de la laisser entre les mains de mon grand frère. C’est acte est un sacrifice parce que c’est entreprise, c’est moi qui l’ai créé. Tout le monde la connait comme mon entreprise. C’est mon bébé, c’est mon bijou que j’ai du laisser dans les mains de quelqu’un d’autre. Ce qui est sûr, c’est que je ne fais pas m’arrêter là.

Ce sont sur ces mots de Rebecca Mawete que nous nous quittons.

N’oubliez pas : Be Proud, Be Happy & happiest !

S’accomplir dans une société patriarcale

                            HEY !  La famille, on se retrouve pour un #BeProud d’exception ! On a pris le temps pour celui-là afin de vous livrer le meilleur témoignage possible ! Voici donc une analyse de l’évolution de la Femme dans sa complexité faite par une femme. Une femme qui s’est également livrée sur ses complexes et les manières dont elle a pu les surmonter.

Je vous laisse donc apprécier ce témoignage très édifiant et je l’espère inspirant !

« Que représente pour vous « être une femme au XXI°siècle » ?

C’est censée être une bonne chose, une avancée considérable, une preuve de l’évolution de l’humanité. Et malheureusement ce n’est pas vraiment le cas, c’est plutôt nuancé.

Je m’interroge beaucoup sur la vision et la place de la femme dans notre société, au XXIème siècle cela prouve tout simplement que je peux m’accomplir par moi-même, entreprendre, rêver, me remettre en question et m’exprimer ou du moins essayer et le faire comme je le souhaite. On est en train de se créer pour bon nombre d’entre nous une place dans un ordre social qui nous relayait au dernier plan, tout en bas de l’échelle, on s’impose et cette image imposante est à prendre avec des pincettes.

 On va tantôt être considéré comme « l’angry blackwoman » stéréotype raciste et misogyne parce qu’on réclame tout simplement une place décente et digne qui nous revient de droit. Tantôt comme une guerrière infaillible, engagée dans tous les combats, inarrêtable et cette image minimise beaucoup d’autres aspects de ce que nous sommes, parce qu’on est avant tout des êtres humains. On a encore à prouver notre humanité alors qu’on ne devrait pas avoir à le faire. c’est donc assez ambiguë.

Quelles sont les défis de la Femme à l’Heure actuelle ?

Pour moi, son plus gros défis c’est savoir ce qu’elle veut réellement. Ce qu’elle veut être, faire, ou ne pas faire. On prend conscience de certaines choses comme le patriarcat, on est inspiré par des courants comme le féminisme, on prend donc conscience de notre condition dans notre société. Notre défi va être de déconstruire la place et le modèle qu’on nous a prédéfini afin de choisir pour et par nous même notre position.

On va avoir le choix entre embrasser un modèle prédéfini pour notre existence ou alors agir à contre-courant, au final on ne sait plus ce que l’on veut. Notre défi au final, c’est nous même, nous accepter , nous écouter, que ce soit entre nous mais aussi face aux autres.

Avez-vous / avez-vous eu des complexes ?

J’ai eu et je pense que j’aurais toujours des complexes. Durant toute mon enfance et mon adolescence j’ai été complexée par mon physique, au départ trop grande, puis trop formé, puis trop ronde. J’ai mis énormément de temps à accepter mon corps. Finalement, ce n’est que depuis peu que je m’aime réellement, que j’ose certaines choses comme des vêtements plus prêt du corps, des couleurs plus visible etc, j’ai aussi dû faire face au complexe de toute les femmes noires dans cette société : mes cheveux. Avoir des braids / une touffe / défrisé = moqueries, c’était complexe; heureusement que l’image qu’on a de nous même évolue avec le temps et qu’on a de plus en plus de modèles qui apparaissent et nous ouvre la voix.  

Comment les avez-vous surmonter ?

Il m’a fallu du temps, au départ la perte de poids et le sport m’ont aidé à regagner confiance en moi.

J’ai arrêté de me comparer aux autres et j’ai commencé à chercher des modèles qui me ressemblait notament des femmes sportives, comme je faisais du basket voir le physique d’autres sportives m’a aidé à prendre conscience que mon corps était normal. Parce que je ne me considérais pas comme tel. 

Ensuite, il a fallu que je prenne conscience que mon corps était en train de changer et que ce changement avait tout simplement commencé plus tôt pour moi. Mais ça je n’y arrivais pas, j’avais honte, jusqu’à maintenant j’ai toujours une sorte de gêne. Mes formes m’ont complexé dès mon plus jeune âge, parce que j’ai très vite été sexualisé.

Entendre dès l’âge de 12 ans dès mots très durs venant d’hommes de tout âge, m’avait complètement détruite. Ne voulant pas être réduit à un objet sexuel qui attire tous les regards malgré moi, j’ai caché mon corps sous des couches et des longueurs de tissus, en espérant un jour être prête à l’accepter. Je lutte encore avec cette « habitude ». C’est en train de changer grâce à l’évolution de la vision du corps des femmes dans notre société. C’est mon corps, c’est à moi, c’est moi. J’en fais ce que je veux et c’est tout.

Comment avez-vous réussi à vous aimez ?

Je ne dirais pas que j’ai réussi mais plutôt que c’est en cours d’acquisition.

En dehors de l’éveil de ma conscience, il a fallu que je prenne conscience de ma beauté intérieur et extérieur.

Pour l’aspect intérieur, c’était plus simple. J’avais des substituts, l’art et la créativité; à travers un dessin ou un texte j’arrivais à m’apprecier moi-même en quelque sorte.

Pour le physique, il a fallu aller faire du shopping, changer de coupe de cheveux, essayer un rouge à lèvres en bref oser tout ce que je n’osais pas avant et réussir à me trouver jolie. Une fois que j’ai commencé à me découvrir sous un autre jour c’est venu tout seul, j’ai pris confiance en moi et ça a été.

En tant que Femme active, quels sont les défis qui sont apparus sur votre route ?

En tant que femme, je dois sans cesse prouver ma valeur, mériter ma place, affirmer ma position. Je dois toujours être au top, me donner à 200% là où un homme aurait tout simplement fait que 50% de ce que je fais pour avoir une double ovation. « On n’applaudit pas un poisson qui nage » est une expression qui raisonne dans mon esprit parce qu’elle ne s’applique pas à tout le monde de la même manière. 

Les défis sont diverses : ça va de la simple critique (en es-tu capable?), à la déstabilisation (Non mais c’est trop dure tu devrais laisser tomber).

Il m’a fallu convaincre mon entourage, puis les personnes avec lesquelles je travaille et sans le petit fond de confiance en moi, ainsi que mes amis qui me soutiennent je pense que je n’aurais jamais surmonté le défi imposé par mon ambition.  

Quels sont les conseils que vous pouvez donnez à celles qui vous lisent ?

Je dirais qu’il ne faut jamais qu’elles doutent d’elles, et surtout qu’elles fassent ce qui leur plait.

Il faut aussi qu’elles prennent soin d’elles avant tout, parce que personne d’autre ne le fera à leur place. Si elles ont une idée précise, un projet et les moyens de le mettre en place, qu’elles foncent sans se poser de questions. 

En tant que Femme « racisée », faites-vous face à des actes racistes ? Si, oui lesquels ? (Développez-en un si cela vous a terriblement marqué).

Oui, assez souvent d’ailleurs. Ce racisme est même appuyé de temps à autre par du colorisme.

Je pense que l’une des situations les plus marquantes a été durant mon enfance je devais être en primaire, à l’école un groupe de filles (non-racisés) se moquaient d’une fille (darkskin en l’occurrence). Je les interrompt et leur explique que cela ne se fait pas, c’était méchant, on ne choisit pas sa couleur donc il n’y a pas de honte à avoir par rapport à ça, qu’on est tous pareils et que si elles se moquaient d’elle, elles devaient aussi se moquer de moi parce que je suis noire aussi.

La réponse de l’une d’entre elles résonne encore dans mon esprit parce que ce n’est que des années après que j’ai pris conscience de la violence et de la portée de celle-ci : « Non mais toi tu es plutôt chocolat caramel voir marron, c’est pas pareille. Elle, elle est noire »; appuyer de la validation des autres filles du groupe. Je me souviens que je n’avais pas répondu, ne sachant que faire à l’époque. 

Par la suite, il y a eu les discriminations à l’embauche, les insultes dans la rue, le lourdeau dragueur dans la rue et son cousin fétichiste sur les réseaux sociaux. C’est un tout au final, le racisme est omniprésent, on le vit au quotidien. 

La place de la Femme dans la société française ? Et celle de la femme « racisée » au cas où vous trouvez quelle est différente ?

La femme française « classique » est mieux loti que la femme racisée. Elle sera écoutée et adulée si elle reste dans son rôle, à sa place, fervante validiste de la position de L’homme non racisé. Ce sera son bras droit, mais jamais son égal, elle n’a pas l’air d’en avoir conscience d’ailleurs ou alors elle s’en fiche alors que la racisée, ce sera littéralement la carpette de la société. 

Elle est haï de tous. Dépeint par les médias comme étant tantôt une chose avec un penchant excessif pour la victimisation par la défensive, tantôt une chose inexistante si bien qu’on peut se permettre de la laisser mourir malgré ses nombreux appels à l’aide. Elle n’a pas le droit à l’erreur. Elle est constamment sur la select. Et ce n’est pas normal, on ne veut pas entendre parler d’elle sauf quand elle rentre dans la définition à connotation post colonialiste qu’on a d’elle : objet sexuel, chose dépourvu d’émotion, propriété. C’est épuisant, je ne vais même pas parler de l’impact de son choix religieux : c’est une double peine en fonction de celui-ci.

Que signifie pour vous « Brille au féminin » ?

Briller au féminin c’est s’affirmer par sa féminité, faire de sa condition de femme une force, un atout, être un modèle une source d’inspiration mais surtout chacune d’entre nous brille à sa manière, c’est le plus important. « 

Ce sont sur ces mots que nous nous quittons ,

N’oubliez pas BE PROUD, BE YOURSELF & HAPPIEST

L’équipe Trustmag .

Amitié bienveillante

Coucou, la Famille ! nous sommes arrivés au terme de notre mois autour de l’amitié. C’est donc le dernier témoignage du mois que vous lisez! c’est avec grand plaisir que nous vous invitons à lire témoignage de Lisa autour d’une belle amitié qu’elle vit depuis des années. Vous l’avez sûrement deviner, c’est sur une note bienveillante et positive que nous voulons finir ce mois ! J’espère que le témoignage de Lisa, une jeune femme pétillante, joyeuse et bienveillante vous fera beaucoup de bien.

Elle a donc pour vous permettre une compréhension plus aisée de son histoire répondu aux mêmes questions que les autres participantes. Ces questions ne seront pas réécrites :

 » Tout d’abord, l’amitié pour moi, c’est la confiance. C’est la base de tout. Tu ne peux pas avoir une relation, quel qu’en soit sa nature sans confiance. Ensuite, l’amitié c’est être là l’un pour l’autre en toute circonstance.

Enfin, l’amitié ne pourrait exister sans amour. Ils sont complémentaires. C’est-à-dire que pour être ami(e) avec une personne, il faut que tu l’aime un minimum. Après, cela dépend de quel type d’amour nous parlons mais dans tous les cas, l’amour entre deux amis est primordial. Sinon, ils ne le sont pas puisque tu ne peux pas être ami avec quelqu’un que tu n’aimes. Ce serait de l’hypocrisie

L’amitié la plus saine que j’ai, date de 2009. Je l’ai rencontré sur Twitter quand je suis rentrée dans une déprime totale. Elle m’a vraiment beaucoup aidé dans le sens où j’ai commencé à sortir, à oublier un peu ce qui se passait dans ma vie. Elle m’a beaucoup conseillé, beaucoup fait changer, beaucoup aidé à évoluer. Franchement, je pense que sans elle, je ne m’en serais pas sortie. C’est vraiment une vraie, elle a toujours était là dans les pires moments et les pires galères.

Tout ça pour dire qu’une amitié saine pour moi, repose sur la transparence. Lorsque tu as une amie, tu dois vraiment être transparente dans le sens où tu ne dois rien lui cacher. Si tu as un problème, tu ne dois pas faire genre : « Ouais, ça va « . T’as un problème, tu dis : « Ouais, j’vais pas bien ». Sinon, clairement, elle ne peut pas t’aider. Après, c’est ça qui prête à confusion. Vous allez commencer à dire :  » Oui euuuh… On reconnaît les vraies dans les mauvais moments » mais si la vraie tu ne lui dis pas que tu vas mal, elle n’est pas devin.

En fait, il ne faut pas se limite dans une relation amicale parce que la personne pourrait retourner ce qu’on lui confie contre nous. Il faut tout simplement ne pas y penser et se lancer. Du moment, que tu la choisis comme ami(e), il faut la prendre avec ses défauts et ses qualités. C’est-à-dire, que si tu la considères comme ton amie mais qu’elle a quelques défauts qui ne te plaisent pas, tu es censé faire avec.

Du coup, la transparence c’est vraiment important ainsi que les délires entre amis. C’est tu as une amie et que vous n’avez pas de délires ensemble, flemme. Genre, vous parlez juste histoire de parler ? Non ! Il faut que vous ayez eu des vraies discussions, des discussions qui vous font grandir, mûrir, changer de perspectives vous montrant le monde sous un autre angle. Personnellement, si j’ai une amie avec qui j’ai exactement la même façon de voir les choses, ce serait chiant. Alors qu’une personne pensant différemment, nous permet d’avoir une vision différente des choses. Cela permet d’élargir les horizons et de déborder.

Pour préserver une amitié, la vérité et la sincérité sont essentielles. Par exemple, moi avec ma copine, j’ai toujours été sincère et honnête . Même lorsque je lui cachais des choses, je finissais par lui dire. Il y a aussi, les conseils et être à l’écoute. C’est très important d’être à l’écoute de son amie. Il faut aussi écouter les conseils de son amie !

Ah oui ! les garçons, on ne couche pas avec son amie ! C’est important de le préciser puisque dès que le pas est franchi, votre amitié est terminée. « 

Ce sont sur ses mots de Lisa que nous nous quittons ! On se retrouve très bientôt pour une nouvelle thématique qui nous espérons vous ravira.

Nous tenions à remercier, toutes ces personnes qui se sont livrées sans fard à nous ! Nous vous en sommes très reconnaissants.

Et n’oubliez pas «  Be Proud, Be Yourself & Happiest« .

Quand le Cosmos rencontre Khaos

HEY ! La famille ! Nous voilà de nouveau aujourd’hui, pour vous présenter une pépite ! Pour ce mois de Février, il s’agit une fois de plus d’une pépite musicale! Une pépite venue tout droit de Strasbourg. Cet artiste c’est Osakha. Un artiste atypique à l’univers éclectique que nous avions rencontré, le mois dernier.

A travers cette interview, découvrez un artiste aux multiples facettes :

Trustmag : Salut, Osakha ! Pour que nos lecteurs te connaissent mieux, je te propose de te présenter brièvement.

Osakha : Hum… J’suis Osakha. J’suis un rappeur de Strasbourg et j’ai dix-huit ans. Humm… Ca fait cinq ans que je fais de la musique et deux ans à peu près que je publie. Euuh… Je pose principalement sur des prods trap mais j’ai vocation à élargir la portée musicale, disons.

Trustmag : En parlant de musique, nous voudrions bien savoir, pourquoi tu as voulu faire de la musique ?

Osakha : Euuuh… Je pense que c’est surtout parce que j’ai toujours aimé la musique, j’en ai toujours écouté. D’ailleurs, quand j’étais plus petit, on avait un délire avec mes frères et sœurs , c’est qu’on « inventait »des chansons comme ça. Au final, je pense que c’est ça qui m’a donné envie.

Trustmag : Cette inventivité est visible dans le choix de ton nom d’artiste visiblement, d’ailleurs raconte-nous pourquoi Osakha ?

Osakha : Osakha parce que je voulais quelque chose qui évoque ce que je suis autant dans la forme que dans le fond. Osakha, c’est euh… Sans trop rentrer dans les détails, un mix entre les deux premiers dieux grecs : Khaos, celui du désordre primordial et j’en ai fais grâce à un certain agencement de mots, Osakha. Ce qui donne grosso modo le deuxième dieu, Cosmos, l’ordre. J’ai voulu faire du chaos l’ordre. Et c’est un peu ça avec la musique, c’est-à-dire que tu pars du chaos, tu pars de rien et t’en fais quelque chose d’ordonné. C’est un peu pareil dans la vie etc… Enfin, je trouvais aussi que ça sonnait un peu japonais. D’ailleurs, on me demande toujours si ça vient de la ville japonaise, Osaka alors que pas du tout.

Crédits : @laksamour

Trustmag : Mais qui est donc Osakha ?

Osakha : Osakha, c’est le côté le plus sérieux de mon être. Osakha c’est mon être profond, celui que j’ai envie de rendre immortel, celui dont j’ai envie que les gens se rappellent.

Trustmag : Le côté le plus sérieux de ton être mais qu’est-ce qui te différencies de lui ?

Osakha : J’dirai que c’est une histoire de bêtise. Je dirai qu’Allan est plus bête qu’Osakha (rires). Dans le sens où j’ai tendance à faire de mauvais choix, à être désordonné. Osakha, c’est cette recherche vers l’ordre et la droiture. On va dire qu’Osakha c’est une recherche constante de la perfection.

Trusmag : La recherche de la perfection ?

Osakha : Oui, c’est d’ailleurs pour ça que lorsque l’on regarde au niveau de mes textes, de ma musique, j’essaye d’atteindre cette perfection. C’est pour ça, d’ailleurs, que l’on pense que je ne suis pas assez productif parce que je ne publie pas ect… Alors que je recherche la perfection dans chaque morceau.

Trustmag : Pour écrire ces fameux sons, quelles sont tes sources d’inspirations ?

Osakha : Déjà, il faut savoir que par rapport à mes textes, je m’inspire de personne dans le sens où j’essaie de « sortir du lot » mais après, bien sûr, il y a des rappeurs qui m’ont influencé sans pour autant m’inspirer. Des rappeurs comme Dosseh, Maître Gims ou encore Booba. Après au niveau des States, il y a Lil Wayne, Kendrick Lamar, X qui nous a quitté récemment. Hummm… Voilà, c’est beaucoup plus des influences que des inspirations. Au niveau de l’inspiration, je dirai que ce sont plus des poètes comme Hugo, Baudelaire. Enfin voilà, c’est beaucoup plus des écrivains que des rappeurs même si les rappeurs sont aussi des écrivains.

Trustmag : Maintenant, intéressons-nous à la manière dont tu fais tes sons . Les prods est-ce que tu les fais ou est-ce que tu les prends autre part ? Autrement dit, Comment est fait le choix de la prod sur laquelle tu vas poser ?

Osakha : Euh… Jusqu’ à présent, enfin, jusqu’au prochain qui va sortir ce sont des prods que j’ai trouvé sur internet. Euh d’ailleurs, il faut savoir que je suis très très compliqué pour les prods. Je peux en écouter cinq cents et en choisir aucune. Depuis à peu près trois-quatre mois, je commence à faire mes prods et du coup après le morceau qui va sortir prochainement, ce seront que mes productions ou des productions de beatmakers autour de moi.

Trustmag : En parlant de personnes autour de toi , quel est ton entourage musical ? Qui sont les personnes avec qui tu travailles ?

Osakha : Là, j’vais dédicacer tous mes gars là (rires). Le premier qui me vient en tête c’est A-Rob , un rappeur strasbourgeois qui rappe en anglais. Il est puissant, le mec est fort ! C’est mon bro’, c’est mon grand frère , c’est la famille, tu vois. Après pour les clips,il y a Quentin Ecrepont. D’ailleurs, il faut le suivre, faut vraiment le suivre. Il est excellent, le mec est vraiment excellent ! Au niveau de la réalisation, le mec est parfait. Ensuite, bah… il y a LSG, c’est lui qui enregistre, mixe et masterise mes morceaux. Lui aussi c’est la famille, c’est avec lui que je suis allé à studio pour la première fois etc… Après euuuuh… je pense que c’est tout. Les plus proches ce sont ces trois là.

Trustmag : Est-ce que tu te vois faire des feats plus tard ou est-ce que tu vas continuer à faire des sons solo ?

Osakha : Euuuuh… Moi je cache pas que je préfère travailler en solo mais euh des feats oui , j’en ai prévu. Il y en a déjà qui doivent être fait et d’autres qui sont en préparation. Pour 2019, il y aura des feats, c’est sûr.

Crédits : Quentin Ecrepont

Trustmag : Parlons un peu de ta ville, est-ce qu’à Strasbourg niveau scène rap, il y a du potentiel ? Est-ce qu’il y a des opportunités ?

Osakha : J’vais faire attention à ce que je vais dire (rires). Hmm ouais, on va dire que ceux qui travaillent on les voit. Il y a du potentiel, c’est sûr mais il n’y a pas ce lien entre les rappeurs. C’est chacun dans son coin. Là, on est à Paris et on a remarqué que lorsque tu viens d’un quartier, les gens autour de toi te poussent. C’est pour ça que l’on trouve des mecs qui ne percent pas au final avec des 100 000 vues. Alors qu’à Strasbourg, un mec qui fait un peu de bruit, allez, il avoisine les 5 000 – 10 000 vues même certains font beaucoup plus. Pourquoi ? Parce qu’au niveau de l’entourage des rappeurs, il n’y a pas d’entraide. Grosso modo :  » Je suis de l’entourage d’un tel donc je fais soutenir que celui là ».

Trustmag : Nous à Paris, dans les quartiers à chaque fois que quelqu’un rappe, tout le monde le sait et tout le monde partage. Quand il faut faire des clips, tout le monde est là et ainsi de suite.

Osakha :C’est ça, alors que chez nous, il n’y a pas ça. Il y a beaucoup plus de rivalités qu’autre chose. Mais il y a un quartier à Strasbourg qui reflète un peu cet esprit parisien, le quartier d’Hautepierre. En Décembre là-bas, il y avait un showcase qui avait été organisé avec Key Largo etc… Ce que j’ai vu là-bas, c’est qu’il y a une vraie entraide. D’ailleurs, là-bas, il y la 17 Binks, grosse force à eux. En fait, il y a un réel lien de fraternité. Je pense qu’il faut changer tous ça et il y a pleins de choses qui arrivent pour changer tout ça.

Trustmag : Mais est-ce que toi, tu te vois rester à Strasbourg ?

Osakha : Bah euuh… Strasbourg, c’est chez moi. Du coup, je ne me vois pas bouger de Strasbourg. A la rigueur, taffer autre part mais vivre à Strasbourg. En fait, du moment que je reste en Alsace parce que je trouve que c’est la plus belle région de France, ça me va. Strasbourg, c’est très important pour moi.

Trustmag : Bon, du coup cette année 2019, beaucoup plus productif ?

Osakha : Ouais, c’est sûr. Je vais lancer mes plateformes de streams et beaucoup d’autres choses, il faut rester à l’affût. Clips, beaucoup de feats etc… Ce que je veux pour cette année, c’est acquérir beaucoup plus de visibilité et au-delà de l’Alsace.

Voilà, ce sont sur ces mots d’Osakha que nous nous quittons !

On se dit à bientôt et surtout « Be Proud, Be Yourself & Happiest« .

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