Goma et Bukavu sous le joug du M23 : une guerre par procuration qui ravage l’Est du Congo

3/9/2025

Depuis janvier 2025, l’offensive du M23, soutenu par le Rwanda, a plongé l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC) dans une crise sans précédent. Entre crimes de guerre, crimes contre l’humanité et déplacements massifs de populations, la situation est critique. Pendant que la communauté internationale condamne timidement l’invasion, les Congolais manifestent leur colère et exigent des actions concrètes.

En l’espace de deux mois, les rebelles du M23 ont capturé les villes stratégiques de Goma et Bukavu, accentuant une crise humanitaire qui s’aggrave de jour en jour. Tandis que des centaines de milliers de Congolais fuient les combats, les violences sexuelles et les massacres se multiplient. Malgré les preuves accablantes de l’implication rwandaise, Paul Kagame joue les Ponce Pilate, se lavant les mains des atrocités commises. Cette invasion, qualifiée de guerre par procuration, ne semble pas près de s’arrêter.

Chronologie des événements clés (janvier - février 2025)

  • 23 janvier 2025 : Le M23 lance une offensive massive sur Goma, capitale du Nord-Kivu.
  • 30 janvier 2025 : Après plusieurs jours de combats, Goma tombe aux mains des rebelles.
  • 4 février 2025 : Début de l’assaut du M23 sur Bukavu.
  • 16 février 2025 : Bukavu est capturée, marquant un tournant majeur dans l’offensive.
  • 21 février 2025 : L’ONU adopte une résolution exigeant le retrait des forces rwandaises de RDC, sans réelle application concrète

L’avancée du M23 : une menace existentielle pour la RDC

Le M23, fort d’un soutien militaire et logistique du Rwanda, a démontré une capacité de frappe redoutable. Après avoir pris Goma, les rebelles ont rapidement progressé vers Bukavu, s’assurant le contrôle de deux pôles économiques majeurs. Leur objectif ne semble pas s’arrêter là : plusieurs sources évoquent leur volonté d’avancer vers Kisangani, voire Kinshasa, dans une tentative d’asphyxier le pouvoir central.

Crimes de guerre et crimes contre l’humanité : l’horreur du conflit

La prise de ces villes ne s’est pas faite sans heurts. De nombreux témoignages font état d’exécutions sommaires, de pillages systématiques et de violences sexuelles à grande échelle. Selon les organisations humanitaires, plus de 700 000 personnes ont été déplacées en quelques semaines, fuyant des atrocités qui relèvent de crimes contre l’humanité.

Les femmes et les enfants sont les premières victimes :

  • 572 cas de viols, dont 170 impliquant des enfants, ont été recensés entre le 27 janvier et le 2 février 2025.
  • Les hôpitaux de Goma et Bukavu sont submergés par des survivantes souffrant de traumatismes sévères.

Une riposte inefficace : l’échec de l’intervention sud-africaine

Face à la menace grandissante, l’Afrique du Sud avait dépêché un contingent militaire dans le cadre de la SADC (Communauté de développement de l'Afrique australe). Cependant, cette force a été incapable de freiner l’avancée du M23, laissant les villes tomber les unes après les autres. Le manque de coordination entre les forces loyalistes congolaises et les alliés régionaux a contribué à cet échec cuisant.

Manifestations et colère populaire : un pays à bout

À Kinshasa, la population exprime sa colère contre un gouvernement jugé passif face à l’invasion. Des manifestations ont éclaté devant plusieurs ambassades, notamment celles du Rwanda et de la France.

De nombreux Congolais estiment que l’Occident a abandonné leur pays en ne prenant pas de sanctions suffisamment fortes contre le Rwanda. En France, une pétition circule pour exiger la fin des contrats de sponsoring entre « Visit Rwanda » et des organisations sportives comme Arsenal ou le Paris Saint-Germain.

L’indignation dépasse également le cadre politique : l’artiste nigériane Tems a annulé son concert prévu au Rwanda, en réponse aux pressions de ses fans dénonçant les crimes commis par le régime de Kigali en RDC.

Une communauté internationale passive : des sanctions insuffisantes

L’ONU, les États-Unis et l’Union européenne ont certes condamné les actions du M23 et exigé le retrait des forces rwandaises, mais aucune sanction majeure n’a été imposée à Kigali. Le Royaume-Uni a annoncé la suspension partielle de son aide au Rwanda, mais cela ne suffit pas à stopper l’élan du M23.

Conclusion : un appel à l’action

L’Est du Congo est en train de sombrer dans un chaos total. Les villes tombent les unes après les autres, des centaines de milliers de civils fuient les massacres et la communauté internationale semble se contenter de discours creux.

Pendant ce temps, Kigali continue d’exercer son emprise sur le conflit, niant toute responsabilité alors que des preuves accablantes pointent vers son implication. Si des actions concrètes ne sont pas prises rapidement, la RDC risque de basculer dans une guerre totale, aux conséquences désastreuses pour l’ensemble de la région des Grands Lacs.

Le peuple congolais refuse de se taire. La question est : qui les écoutera ?